Evernex met sur la table un outil qui change de registre : un simulateur carbone capable de traduire des choix d’infrastructure IT en émissions de CO₂ évitées. Une manière d’ancrer enfin la durabilité dans des arbitrages concrets.
Rendre visible l’empreinte invisible du hardware
Le sujet n’est pas nouveau, mais il reste largement sous-estimé dans les arbitrages technologiques. Une part significative de l’impact carbone du numérique se joue en amont, dès la fabrication des équipements. Dans un data center, le matériel peut représenter jusqu’à 45 % des émissions totales, selon les travaux de l’ADEME et de l’Arcep sur l’empreinte environnementale du numérique.
C’est précisément sur ce point que se positionne le simulateur lancé par Evernex. L’outil propose de convertir des choix techniques – prolonger la durée de vie d’un serveur, opter pour du reconditionné, privilégier la maintenance – en indicateurs environnementaux mesurables. Derrière cette promesse, une idée simple : rendre visible ce qui, jusqu’ici, relevait davantage de l’intuition que de la donnée. À titre d’exemple, prolonger de cinq ans la durée de vie d’un serveur peut permettre d’éviter jusqu’à 10 tonnes de CO₂.
De la RSE déclarative à la décision opérationnelle
L’intérêt du simulateur ne réside pas uniquement dans sa capacité de calcul, mais dans son positionnement. Accessible en ligne et conçu sans prérequis technique, il s’inscrit dans le passage d’une RSE déclarative à une RSE pilotée.
En traduisant des scénarios d’infrastructure en impacts carbone, l’outil crée un langage commun entre les équipes techniques, financières et responsables des enjeux ESG. Il ne s’agit plus seulement d’afficher des engagements, mais de les intégrer dans les cycles de décision. Cette logique de quantification répond à une attente croissante : disposer d’indicateurs fiables pour arbitrer entre performance, coûts et durabilité.
Des ordres de grandeur qui changent l’équation IT
Les dernières données confirment que le sujet s’impose dans les arbitrages technologiques. Le numérique représente aujourd’hui entre 3 et 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon l’Agence internationale de l’énergie (IEA) et le Shift Project, avec une croissance tirée par les usages cloud et l’intelligence artificielle.
Dans ce contexte, le poids du matériel devient un angle mort stratégique. Selon l’ADEME, la phase de fabrication peut concentrer jusqu’à 70 % de l’empreinte carbone d’un équipement IT sur l’ensemble de son cycle de vie. Autrement dit, renouveler trop rapidement ses infrastructures peut s’avérer contre-productif sur le plan environnemental.
L’arbitrage économique rejoint désormais l’arbitrage environnemental. Gartner estimait dès 2025 que l’optimisation du cycle de vie des actifs IT ferait partie des principaux leviers de réduction des coûts d’infrastructure dans un contexte de pression budgétaire. Prolonger la durée de vie des équipements ne relève donc plus uniquement d’une logique de maintenance, mais d’une stratégie combinant performance financière et impact carbone.








