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IAM souverain : le talon d’Achille de l’autonomie numérique européenne

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La souveraineté numérique européenne ne se joue pas uniquement dans le cloud. Elle commence par le contrôle des identités et des accès, une brique critique encore largement dominée par des solutions américaines. Le partenariat entre Smile et Univention illustre cette prise de conscience croissante autour de l’IAM, devenu un point de dépendance stratégique pour les organisations européennes.

Une souveraineté numérique encore incomplète

Depuis plusieurs années, la souveraineté numérique s’impose comme un thème structurant des stratégies IT en Europe. Cloud de confiance, hébergement local, réversibilité des données, conformité réglementaire. Les initiatives se multiplient, portées par les institutions comme par les acteurs industriels. Mais un angle mort persiste. L’identité numérique reste largement sous contrôle de solutions propriétaires américaines, au premier rang desquelles les services d’annuaire et de gestion des accès. Or, l’IAM constitue la colonne vertébrale du système d’information. C’est elle qui conditionne l’accès aux applications, la gestion des droits, la traçabilité et, in fine, la sécurité globale des environnements IT. Autrement dit, sans maîtrise de l’identité, la souveraineté reste partielle.

Active Directory, un verrou structurel difficile à lever

Dans la majorité des grandes organisations, l’annuaire d’entreprise repose historiquement sur Microsoft Active Directory et ses déclinaisons cloud. Un choix devenu quasi réflexe, tant ces technologies se sont imposées comme des standards de fait. Cette dépendance pose toutefois plusieurs questions. Elle concentre un pouvoir critique entre les mains d’un acteur extra-européen, complique les stratégies de réversibilité et rend toute remise en cause progressive particulièrement délicate. Car remplacer un annuaire n’est pas une opération anodine. Il irrigue l’ensemble du SI, des postes de travail aux applications métiers, en passant par les outils collaboratifs et les dispositifs de sécurité. C’est précisément sur ce terrain que la question de l’autonomie numérique devient la plus sensible.

Smile et Univention, une alternative européenne structurée

C’est dans ce contexte que Smile et Univention ont officialisé leur partenariat stratégique, dans l’utlime but de proposer aux grandes entreprises et aux administrations une alternative européenne, open source et souveraine pour la gestion des identités et des accès. Univention s’appuie sur ses solutions Nubus et Univention Corporate Server, déjà largement déployées en Allemagne, notamment dans des environnements publics et sensibles. De son côté, Smile apporte une capacité d’industrialisation sur le marché francophone, avec une expertise reconnue dans l’intégration, le déploiement à grande échelle et la maintenance critique des infrastructures open source.

Le partenariat ne se limite donc pas à une alliance commerciale. Il vise à rendre opérationnelle une pile IAM européenne, capable de s’insérer dans des systèmes d’information complexes et hétérogènes.

Une alternative crédible, mais pas universelle

Pour autant, ces alternatives ne visent pas à remplacer du jour au lendemain les environnements Active Directory massivement déployés, mais à offrir des trajectoires de sortie ou de coexistence progressive. Dans les faits, les cas d’usage les plus réalistes concernent des environnements hybrides. Nouvelles briques applicatives, périmètres métiers spécifiques, infrastructures cloud natives ou projets de modernisation ciblés. L’IAM souverain devient alors un levier de reprise de contrôle, sans remettre en cause l’existant de manière brutale. Cette approche pragmatique est essentielle. Elle conditionne l’adoption réelle de ces solutions, bien au-delà du discours politique ou idéologique sur la souveraineté.

L’IAM, nouvelle ligne de front stratégique

Au-delà de ce partenariat, le mouvement observé traduit une évolution plus profonde du marché. La souveraineté numérique ne se joue plus uniquement au niveau des infrastructures visibles. Elle se déplace vers des briques critiques, parfois moins médiatisées, mais tout aussi structurantes. Dans un contexte de renforcement des exigences réglementaires, de menaces cyber accrues et de dépendances technologiques de plus en plus scrutées, la maîtrise de l’identité numérique s’impose comme un enjeu stratégique de premier plan. Le chantier est encore loin d’être achevé. Mais une chose est désormais claire. Sans IAM souverain, il n’y aura pas de souveraineté numérique pleinement opérationnelle.