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Huawei : des investissements, oui, de l’espionnage, non

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Huawei 10 Lite à doible objectif photo

L’Union européenne doit « s’inquiéter » du géant des télécoms Huawei et d’autres entreprises chinoises de technologies à cause des risques qu’elles font courir en matière de sécurité, a affirmé vendredi le vice-président de la Commission européenne Andrus Ansip. La France, elle, voit d’un bon œil les investissement de Huawei, tant qu’ils ne touchent pas des technologies sensibles.

« Faut-il s’inquiéter de Huawei ou d’autres entreprises chinoises ? Oui, je pense qu’il faut s’inquiéter » car ces entreprises sont selon lui contraintes de « coopérer avec leurs services de renseignement« , a déclaré M. Ansip lors d’une conférence de presse à Bruxelles.
« Ce n’est pas bon signe quand les entreprises doivent ouvrir leurs systèmes à des services secrets », a-t-il ajouté. « Nous ne savons pas grand-chose de ce cas concret, mais en tant que gens normaux, bien sûr, nous devons avoir peur« , a-t-il conclu.

Des soupçons d’espionnage sous couverture du pouvoir chinois

Huawei vient de subir un coup dur avec l’arrestation au Canada de sa directrice financière et fille du fondateur, à la demande des Etats-Unis. Les autorités américaines soupçonneraient le géant chinois d’avoir exporté depuis 2016, au moins, des produits d’origine américaine vers l’Iran et d’autres pays visés par des sanctions américaines, en violation des lois des Etats-Unis. Mais le groupe de téléphonie est aussi soupçonné par Washington d’être un agent sous couverture du pouvoir chinois, qui aurait rompu un pacte de non-espionnage économique signé avec l’ex-président Obama. La société chinoise est sous surveillance depuis longtemps et plusieurs de ses tentatives d’entrer sur le marché américain des télécoms ont échoué depuis 2007. Une loi fédérale interdit aux responsables gouvernementaux et militaires d’utiliser des appareils construits par Huawei et ses liens supposés avec le Parti communiste chinois sont souvent mis en avant.

Huawei banni dans plusieurs pays

Plusieurs pays ont fermé la porte à Huawei, comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande et des médias japonais rapportent vendredi que Tokyo va interdire l’utilisation d’équipements du groupe chinois par son administration. Au Royaume-Uni, l’équipementier chinois a accepté une série d’exigences techniques visant à changer rapidement ses pratiques. Le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire estime, lui, que Huawei « a une place importante en France« , et que « ses investissements sont les bienvenus« , selon ses propos du jour. Il a toutefois nuancé cet accueil réservé aux investissements chinois dans deux cas: « Dès lors que ces investissements peuvent toucher des technologies sensibles ou porter atteinte à la souveraineté nationale, il est légitime que le gouvernement français fixe des limites claires », a souligné le ministre français. Il a cité un nouveau décret pris dans le cadre de la loi Pacte pour la croissance des entreprises qui « nous donne tous les instruments nécessaires pour fixer les limites« .

Huawei a toujours assuré de son indépendance et affirmé qu’il n’avait jamais utilisé ses équipements pour espionner ou saboter les communications dans les pays où ils sont utilisés.

 

Auteur : La Rédaction avec AFP