Après plusieurs années passées à développer ses activités cloud, fibre et cybersécurité auprès des entreprises, Free Pro s’attaque désormais plus frontalement au marché des flottes mobiles pour les grands comptes. Lors d’un entretien accordé à Solutions Numériques & Cybersécurité, Guillaume de Lavallade, directeur général de Free Pro, détaille la stratégie de l’opérateur, qui mise sur une simplification des offres et une approche plus flexible pour tenter de se différencier sur un marché déjà très structuré.
Jusqu’ici, Free Pro disposait déjà d’offres mobiles destinées aux TPE et PME, mais n’avait pas réellement structuré de proposition dédiée aux grandes flottes d’entreprise. « Il manquait clairement dans notre portefeuille produit la partie flotte mobile pour les grandes entreprises », explique Guillaume de Lavallade.
L’opérateur assure pourtant être déjà présent chez plusieurs grands comptes sur d’autres segments, notamment autour du cloud privé, de la connectivité fibre et des infrastructures souveraines. Free Pro cite par exemple le ministère de l’Intérieur ou la Gendarmerie nationale parmi ses clients. Le mobile représentait donc « le dernier bastion » à bousculer.
Une critique des offres jugées trop complexes
Le cœur du discours de Free Pro repose sur une remise en question des pratiques historiques du marché des télécoms entreprises. Guillaume de Lavallade estime que les offres destinées aux grands comptes se sont progressivement complexifiées au fil des années, avec des « clauses de respiration », « plein de modalités » et des grilles devenues difficiles à piloter pour les clients.
Pour tenter de se différencier, Free Pro a choisi d’organiser sa nouvelle gamme autour de trois grandes familles de forfaits. Les offres « Essentiel » visent les usages basiques, les forfaits « Monde » ciblent les collaborateurs mobiles à l’international, tandis que les offres « Data » s’adressent aux profils les plus consommateurs de données.
L’entreprise insiste également sur la possibilité de faire évoluer les forfaits d’un mois à l’autre, avec ou sans engagement. Free Pro considère cette flexibilité comme une réponse aux réalités opérationnelles des grands groupes, où les effectifs et les usages évoluent régulièrement. « Ce n’est plus “monsieur le client, vous rentrez dans un cadre”. On essaye plutôt de laisser le choix », explique Guillaume de Lavallade.
L’opérateur met aussi en avant une simplification de la gestion des flottes mobiles, avec une approche davantage centrée sur les usages réels des collaborateurs et sur l’autonomie laissée aux entreprises.
Des usages mobiles devenus généralisés
Au-delà du lancement commercial, Free Pro cherche aussi à s’appuyer sur une évolution plus large des usages numériques en entreprise. Selon Guillaume de Lavallade, la mobilité concerne désormais « quasiment 100 % des populations d’une entreprise », y compris des métiers de terrain longtemps moins équipés.
L’opérateur observe également une hausse continue des besoins en données mobiles, portée par les usages collaboratifs, les applications métiers et la généralisation des outils numériques dans les environnements professionnels.
Cette évolution pousse les opérateurs à revoir leur segmentation historique des offres entreprises. Là où certaines gammes reposaient encore largement sur des logiques centrées sur les appels et les SMS, les forfaits mobiles deviennent désormais un outil de connectivité globale, avec des attentes plus fortes autour du pilotage des usages, de l’expérience utilisateur ou encore de la gestion internationale.
Free Pro met notamment en avant une console de gestion permettant d’administrer les lignes, de superviser les consommations ou de gérer la multi-facturation. L’entreprise évoque également des fonctions de sécurité comme l’authentification multifacteur et la double validation sur certaines actions sensibles.
Une stratégie plus large autour de la souveraineté et de la cybersécurité
Cette offensive sur le mobile s’inscrit dans une stratégie plus large autour des infrastructures, du cloud et de la cybersécurité. Durant l’entretien, Guillaume de Lavallade a plusieurs fois relié les offres mobiles aux autres activités du groupe, notamment les datacenters, la connectivité fibre et les services de cybersécurité.
L’entreprise met notamment en avant ses certifications ISO 27001 et HDS sur la partie cloud, ainsi que ses investissements dans les infrastructures réseau et les services cyber. Free Pro estime également que le durcissement réglementaire, avec l’arrivée de NIS2, devrait renforcer les attentes des entreprises autour d’environnements souverains et sécurisés.
Le groupe ambitionne désormais d’être identifié comme un acteur incontournable du marché entreprise. Guillaume de Lavallade affirme vouloir faire de Free Pro un « numéro 3 puissant » sur le segment mobile B2B, avec l’objectif d’être systématiquement consulté lors des appels d’offres des grandes entreprises françaises.




