Accueil Etudes « Ne dites pas à ma mère que je suis informaticien… »

« Ne dites pas à ma mère que je suis informaticien… »

On aura du mal à le croire tant ce métier en tension offre de beaux débouchés, mais « informaticien » fait partie des vingt professions qui rendent le moins heureux d’après le classement « les 20 pires jobs 2019 » de la société ChooseMyCompany.

Ils ne sont qu’un tiers à être heureux dans leur job. Un chiffre qui correspond au pourcentage des informaticiens ayant répondu  « d’accord » ou « tout à fait d’accord » à chacune des dix-huit questions du référentiel Happy Index At Work*, utilisé pour établir ce classement.

Certes, il y a pire, avec les clercs de notaire (13 %), les enseignants (21 %) ou les agents de police (27 %), mais informaticien fait partie des ces métiers en tension sur le marché de l’emploi où les candidats sont loin de manquer d’opportunités alléchantes. De ce fait, comment expliquer le peu d’entrain de cette profession, placée par ChooseMyCompany en neuvième position des pires jobs, quand la moyenne de la motivation est de 56 % en France sur les trois dernières années selon le Happy Index At Work.

Laurent Labbé
Salaire et reconnaissance

Selon l’index, les salaires et la reconnaissance en sont la principale cause (à peine 26,9 % de satisfaction). « Sur ce secteur, les salaires sont surévalués et croissent très rapidement, analyse Laurent Labbé, le fondateur et CEO de ChooseMyCompany, ce qui donne à la plupart des informaticiens le sentiment d’être en retard par rapport au marché. Il y a un décalage entre ce qu’ils gagnent à un moment T et ce qu’ils pensent pouvoir obtenir sur un marché assez fou en termes de rémunérations ».

 
No future ?

Deuxième grande source de frustration, les perspectives d’évolution. Les trois quarts des informaticiens ne comprennent pas comment ils peuvent progresser dans leur entreprise. « Beaucoup d’entre eux sont dans de petites sociétés, des startups, explique Laurent Labbé. Ceux qui travaillent dans des structures plus importantes ont un manque de visibilité sur les métiers, sur leur évolution et sur l’organisation. Soit du fait d’un déficit de compétences des DRH qui ont du mal à leur montrer les perspectives d’évolution, soit à cause d’un manque de proactivité des informaticiens eux-mêmes dans la gestion de leur carrière. Souvent focalisés sur un projet précis, ils ont du mal à s’intéresser à un projet d’entreprise et à une organisation plus globale ». Enfin, à peine un quart d’entre eux (27 %) sont satisfaits des critères d’évaluation que leur applique leur employeur.

Mais quel est donc l’aspect le plus motivant chez les informaticiens ? Plus de la moitié (53 %) estiment bien faire leur travail, ce qui est au demeurant très peu. « Ils ont souvent le sentiment de n’avoir pas les moyens en terme de finances, de temps ou encore d’expertise autour d’eux, décrypte Laurent Labbé. Corrélé à cet aspect, on trouve la difficulté qu’ils rencontrent à donner du sens à leur travail ».

A contrario, très au dessus de la moyenne de l’index en termes de satisfaction, les métiers de responsable marketing, de dirigeant d’entreprise et d’architecte (tous à 60 %) arrivent en tête des jobs les plus appréciés.

 

* Classement effectué d’après les questionnaires Happy Index At Work remplis soit spontanément sur choosemycompany.com, soit de manière sollicitée via une enquête lancée dans l’entreprise à la demande de l’employeur. Sur les deux dernières années, 196 333 personnes (dont 474 informaticiens) dans plus de 11 000 entreprises ont répondu au dix-huit questions du modèle Happy Index At Work sur une échelle de Likert à 5 points (pas du tout d’accord/pas d’accord/neutre/d’accord/tout à fait d’accord).

 

Auteur : Patricia Dreidemy

 

 

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