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Chief data officer senior, un job qui émarge à plus de 180 000 euros par an

Cet emploi est l’un des mieux rémunérés avec celui de chief digital officer, selon l’étude sur les salaires des métiers de l’IT et du digital réalisée par le cabinet de recrutement et gestion des talents Morgan Philips.

L’étude, qui présente plus de 30 métiers, a pu dégager 3 tendances majeures. L’une d’entre elles, qui perdure depuis 3 ans, est liée aux métiers de la data : ils connaissent tous une forte croissance de la demande, avec peu de profils, des niveaux d’expertises forts et beaucoup de sollicitations. « Pour un poste de data scientist, nous avons en moyenne 70 % de candidats en moins que pour une mission classique de commercial ou de chef de produit par exemple, confie Emmanuelle Ottavi, directrice exécutive, en charge des recrutements IT, digitaux et webmarketing chez Fyte, une des entités du groupe Morgan Philips. Les clients ont donc des short lists de candidats moins fournies et doivent souvent se décider sur un seul profil, ou en 24 heures, au risque que le postulant accepte une autre mission ».

Le growth hacker, très demandé avc la crise du Covid

Emmanuelle Ottavi
Emmanuelle Ottavi, directrice exécutive, en charge des recrutements IT, digitaux et webmarketing chez Fyte

La deuxième tendance est la forte évolution des demandes de growth hacker. Elle s’explique par le fait que les startups, toujours plus nombreuses, redoublent d’ingéniosité pour développer leur chiffre d’affaires et leur notoriété en optimisant au maximum leur budget souvent réduit, voire inexistant au démarrage de leur activité. « Le growth hacker est un expert des tips digitaux qui permettent de mettre en place des actions marketing, communication et commerciales gratuitement, explique Emmanuelle Ottavi. Beaucoup de candidats s’autoproclament growth hackers et il est donc compliqué d’identifier les bons, note-t-elle. Ces profils ont été beaucoup demandés cette année parce qu’avec la crise du Covid, le business s’est majoritairement fait via Internet et que ces entreprises qui se sont mises au digital en urgence n’ont pas forcément de budget marketing pour cela. Le growth hacking est donc apparu comme une évidence ».

Le développement des métiers liés à la stratégie de contenu

Troisième tendance, le développement des métiers liés à la stratégie de contenu avec un recrutement en augmentation sur 2019 et 2020. L’étude révèle un nombre encore très restreint de content strategists en France (moins de 200) et souvent encore très juniors. « Cette tendance a émergé il y a 2 ans maintenant, raconte Emmanuelle Ottavi. L’objectif pour les marques est d’apporter une expérience utilisateur, de faire rêver les consommateurs et de les engager dans leur univers. Nous avons donc vu émerger des blogs, des contenus qui parlent de bio, de développement durable, d’équité, de respect de la planète. Les entreprises organisent des webinaires pour partager leurs best practices,  influenceur est devenu un véritable métier. Tout cela s’inscrit dans une stratégie de contenu qui a pour but d’apporter de la valeur, de faire du storytelling et d’engager les clients ou consommateurs sur autre chose qu’un simple prix ».

Free lancing et soft skills

L’étude a également permis de déceler deux tendances marché : l’émergence d’une nouvelle génération de collaborateurs free lance, qui sont la plupart du temps des profils d’experts, très qualifiés et motivés par des conditions de travail plus flexibles, le challenge ou l’intérêt des projets proposés. La rémunération de ces digital nomads est souvent plus élevée.

De nombreuses sociétés privilégient ce modèle économique parfaitement adapté à la période actuelle car elles recherchent toujours plus de flexibilité et des performances directement mesurables et quantifiables. « Faire appel au free lancing permet aux entreprises de réduire leur masse salariale et de gérer des pics d’activité de façon ultra agile », souligne Emmanuelle Ottavi.

Côté collaborateurs, la crise sanitaire a quelque peu rebattu les cartes. « Avant le Covid, les candidats recherchaient de la souplesse d’organisation : l’appât de travailler en remote depuis leur maison de campagne et de gérer leur planning au rythme de 2, 3 ou 5 jours d’activité par semaine était donc fortement attrayant, poursuit-elle. Il y a donc eu une vraie recrudescence de ces profils en 2019 et début 2020. Puis, avec la crise, ce sont les premiers qui ont vu leurs missions s’arrêter. Donc aujourd’hui, ils sont souvent en recherche de CDI car ils veulent retrouver la sécurité de l’emploi. C’est encore une régulation entre l’offre et la demande ».  

Les nouvelles compétences relationnelles

Seconde tendance du marché, le rééquilibrage entre savoir-faire et savoir-être : les entreprises recherchent des talents faisant preuve de curiosité, qui sont agiles et adaptables, à l’écoute et très orientés sur l’expérience client, capables d’interagir à distance et en équipe. « Aujourd’hui les connaissances académiques et les compétences techniques ne sont plus suffisantes pour s’insérer et évoluer sur le marché du travail, affirme Emmanuelle Ottavi. Au delà des hard skills, les employeurs recherchent l’adéquation entre le savoir-être, les valeurs et la culture d’entreprise. La mondialisation, la digitalisation, les évolutions technologiques ainsi que l’émergence permanente d’activités et de modèles innovants impliquent la maîtrise de nouvelles compétences, essentiellement relationnelles, à savoir les soft skills ».

 

Auteur : Patricia Dreidemy

 

* L’étude des salaires des métiers de l’IT et du digital 2020-2021 se base sur l’ensemble des entretiens candidats réalisés en France par les consultants spécialisés de Morgan Philips, soit un peu plus d’un millier d’entretiens sur 12 mois glissants. 

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