Accueil Equipement Écrans bureautiques : l’ergonomie s’affiche au grand jour

Écrans bureautiques : l’ergonomie s’affiche au grand jour

Après une vague d’équipement en nouveaux terminaux lors de la crise liée à la pandémie de Covid-19, le marché des écrans bureautiques a connu plusieurs années de baisse. Néanmoins, alors que ces équipements vont être remplacés à partir de 2027, le marché change de visage : si le plus gros des ventes reste sur les écrans 24 pouces classiques, les configurations double écran font de plus en plus place aux écrans ultra-larges de 34 pouces, tandis que l’appareil se mue en véritable hub de connexion grâce à l’USB-C. Alors que le prix des PC s’envole, celui des écrans reste stable. L’occasion de rajeunir des postes de travail à petit prix ?

 

Iiyama mise sur le 34 pouces ultra-large incurvé

© Iiyama

ProLite XCB3497WQSNPH-B1 : écran 34” ultra-large incurvé offrant une caméra et un microphone Windows Hello ainsi qu’une station d’accueil USB-C, un connecteur LAN et un commutateur KVM entre plusieurs ordinateurs.

ProLite XB2792HSU-B1 : écran compact full HD de 27”, ce modèle fait partie de la gamme green IT du constructeur : le châssis est composé à 85 % de matériaux recyclés et la consommation électrique moyenne est de 11,4 watts et 0,5 en veille.

« Les utilisateurs qui étaient en double
écran commencent à tester les écrans
ultra-largeset passent de plus en plus
de deux écrans 24”à un écran 34”
extra-large en 21 : 9. »
Frédéric Sérafin, directeur général
d’Iiyama France
© Iiyama

Avec 650 000 moniteurs vendus dans l’Hexagone en 2025, dont 622 000 pour la bureautique, le constructeur japonais est un poids lourd du secteur. Celui-ci est très présent sur le marché des musées, parcs et dans la grande distribution avec ses écrans tactiles. Sur le marché des moniteurs bureautiques, son positionnement est sur le milieu et le haut de gamme. Iiyama croit fortement à une évolution du marché vers les écrans ultra-larges QHD de 34 pouces, en remplacement des configurations double écran 24 ou 27 pouces. Son catalogue en compte désormais une douzaine de modèles différents. Outre leur format, ces moniteurs de nouvelle génération sont de véritables hubs de communication avec un simple branchement USB-C pour connecter l’ordinateur et jouer le rôle de chargeur mais aussi de multiples connecteurs d’extension USB, réseau et une webcam. Enfin, Iiyama a récemment lancé une gamme d’écrans 24 et 27 pouces série 63 dite green IT, consommant 40 % d’énergie en moins et intégrant plus de matériaux recyclés. Cette démarche devrait être rapidement étendue aux autres gammes afin de s’inscrire dans la mouvance RSE et de répondre aux appels d’offres publics intégrant cette exigence.


TPV-Tech : une couverture très large du marché

© TPV-Tech

Philips 24B2D5300 : ce moniteur 24” présente l’originalité d’être double face. Un second écran plaqué au dos permet d’afficher un contenu différent provenant soit d’un autre ordinateur, soit de celui de l’utilisateur qui veut montrer un contenu à son interlocuteur.

Philips 34B2U6603CH : moniteur ultra-large WQHD de 34” équipé d’un port Thunderbolt 4. Il dispose d’une fonction Smart KVM pour jongler entre plusieurs machines.

« Le fait de disposer d’un outil
industriel intégré nous permet de
mettre des modèles sur le marché
plus rapidement que nos concurrents. »
Christophe Gaborit, P-DG de Winning
Company, agent exclusif de TPV-Tech
© TPV-Tech

Un écran sur trois vendu dans le monde est assemblé par le taïwanais TPV-Tech. Ce sous-traitant qui travaille pour de nombreuses marques informatiques connues a été révélé au grand jour en 2009, avec l’acquisition de l’activité moniteurs et affichage de Philips. Aujourd’hui, il commercialise des écrans sous cette marque en parallèle de sa marque propre, AOC (Admiral Overseas Corporation). Dans sa stratégie marketing, Philips est la marque premium pour les entreprises et AOC se destine plus au grand public et en particulier au marché très exigeant des gamers.

Sous ces deux marques, l’industriel propose pas moins de 350 modèles avec des tailles d’écran qui tendent à être de plus en plus grandes. Les écrans 22 et 24 pouces sont toujours au catalogue mais on trouve de plus en plus de modèles en 32, 34, 40, 45 et 49 pouces. En parallèle, les résolutions augmentent progressivement. Le full HD (1 920 × 1 080 pixels), qui était la résolution la plus haute il y a quelques années, est désormais la plus faible… Les résolutions montent désormais vers le QHD (2 560 × 1 440), le WQHD (3 440 × 1 440) et le 4K UHD (3 840 × 2 160) et bientôt le 8K. Comme chez de nombreux concurrents, de plus en plus d’écrans se transforment en station d’accueil, via l’USB-C ou le Thunderbolt 4, à l’image du Philips 34B2U6603CH.


Dell, objectif : couvrir un maximum de besoins

© Dell Technologies

Dell Pro P3426WEV USB-C Hub Webcam Monitor : ce moniteur 34” intègre une webcam, un micro, des haut-parleurs et dispose d’une IA intégrée qui assure le floutage de l’arrière-plan lors d’une visioconférence.

Dell UltraSharp 52 Thunderbolt Hub Monitor U5226KW : cet écran 52” 6K peut remplacer à lui seul un poste avec un écran 43” 4K complété par deux écrans 27”, une configuration commune dans le monde de la vidéo et du cinéma.

« Nous repensons le design des écrans pour
les adapter aux nouveaux cas d’usage.
Ce travail porte sur l’ergonomie ainsi que le confort
visuel avec des écrans certifiés TUV, un label
qui témoigne d’un confort visuel optimal. »
Mickaël Le Scouëzec, chef de produit
écrans et solutions de collaboration chez
Dell Technologies
© Dell Technologies

Leader mondial des ventes de moniteurs informatiques depuis 12 ans, Dell dispose d’une gamme d’écrans extrêmement large, depuis les entrées de gamme de 22 à 27 pouces pour les opérateurs de saisie, jusqu’aux modèles destinés aux professionnels de l’image et aux traders. À la gamme Dell vient s’ajouter Dell Plus avec des modèles de 32 et 34 pouces tandis que les gammes Dell Pro, Dell Pro Plus et Dell Pro P disposent de fonctions d’ergonomie avancées, avec des pieds orientables, une webcam intégrée et des écrans ultra-larges. Comme ses rivaux, Dell exploite l’USB-C et le Thunderbolt 4 afin de transformer certains moniteurs en véritables stations d’accueil. Outre les ports d’extension supplémentaires, la puissance électrique délivrée au portable par l’écran peut atteindre 100, voire 140 watts sur certains modèles haut de gamme. Au sommet des gammes Dell, les écrans Ultra Sharp se caractérisent par la plus haute qualité d’écran en termes de confort visuel (certification TUV) et des dalles présentant la meilleure colorimétrie. Cette offre premium s’est récemment enrichie d’un premier écran 32 pouces 4K avec une dalle QD-Oled d’une résolution de 3 840 × 2 160 pixels à 120 hertz et qui vise essentiellement les créatifs, un marché de niche pour le constructeur généraliste.


Acer généralise le 120 hertz

© Acer

Acer Vero B248YG : 90 % du châssis d’un écran de la gamme Vero sont produits à partir de plastique recyclé et 100 % de l’emballage sont en carton.

ProCreator PE320QX : destiné aux professionnels de l’image, cet écran Oled offre
une résolution 6K, soit 6 016 × 3 384 pixels à 60 hertz.

« Nous assistons à une tendance
globale à monter en gamme — passer du
27 vers les 32 et 34 pouces — mais aussi
demanière fonctionnelle, avec une
meilleure résolution QHD et plus de
connectique. »
Chen Ling, cheffe de produits
périphériques chez Acer France
© Acer

Bien connu pour ses notebooks, le constructeur taïwanais est très présent sur le marché des écrans et des vidéoprojecteurs. Celui-ci estime être en avance sur ses concurrents en termes de renouvellement des dalles. Le constructeur constate une montée de la demande pour les écrans 32 et 34 pouces alors que le modèle le plus petit de la gamme, le 22 pouces, est en forte décroissance.

Acer a déployé des dalles 120 hertz sur la quasi-totalité de son offre, ce qui permet aux utilisateurs d’activer la fonction DRR de Windows 11 (taux de rafraîchissement dynamique) pour bénéficier d’une fluidité maximale uniquement lorsque c’est nécessaire, afin d’optimiser la consommation électrique. La stratégie green IT d’Acer se matérialise dans la gamme Vero, avec des appareils à l’empreinte environnementale réduite, dont des écrans 24 et 27 pouces classés B selon l’étiquetage énergétique européen, avec une consommation de 9 et 11 watts.

Cette année, Acer compte mettre l’accent sur les modèles Oled, non seulement pour les gamers avec sa gamme Nitro, mais aussi pour les professionnels. L’entreprise a notamment dévoilé un écran 1 000 hertz lors du CES 2026 mais aussi des modèles destinés aux professionnels ou aux indépendants qui ont un usage dual de leur écran. Acer travaille maintenant sur les IA embarquées dans ses écrans, afin d’améliorer encore leurs performances.


HP : une approche globale du poste de travail

© HP

HP Series 5 Pro 549pm : cet écran incarne la vision d’HP transformant le moniteur en véritable hub de communication. La dalle 49 pouces offre une résolution dual full HD, avec pour ambition de remplacer les configurations à deux écrans 27 pouces.

HP Series 7 Pro 732 XK : disponible en France depuis le mois de février 2026, l’écran Oled 4K offre un affichage 32 pouces 120 hertz.

L’écran n’est plus un simple périphérique
comme par le passé. Il est devenu
un élément central dans l’expérience utilisateur
et sa productivité. »
Lamya Kassimi, Category
Manager Display and Docking station chez HP
© HP

Proposant un catalogue de moniteurs extrêmement large, l’entreprise américaine vient de simplifier ses gammes : la série 3 Pro est conçue pour les besoins bureautiques  standards.Avec des écrans 22, 24 et 27 pouces, elle répond au cœur du marché en termes de volumes, dans une logique de maîtrise des coûts. La série 5 Pro se destine aux environnements de travail hybrides, avec l’USB-C pour permettre le raccordement facile des portables et une ergonomie avancée. Les dalles disponibles vont du 14 au 49 pouces. Enfin, la série 7 constitue l’offre premium d’HP. Elle se destine aux experts et aux utilisateurs à haute intensité avec des écrans de très haute résolution et des modèles Thunderbolt 4. HP met en avant sa technologie HP Eye Ease afin d’assurer le confort visuel de l’utilisateur, avec un filtre bleu qui ne donne pas une teinte jaunâtre à l’image et un ajustement automatique de la luminosité de l’écran.

HP se différencie par une approche globale du poste de travail : tous les périphériques ne sont plus des produits isolés mais sont gérés de manière unifiée, une approche baptisée One HP avec une seule application pour administrer l’ensemble des périphériques tels que les écrans, la souris, le clavier et les écouteurs connectés à l’ordinateur.


USB-C, le connecteur universel pour relier un PC à un écran

Qui se souvient des docks spécifiques à chaque marque pour connecter son PC portable au bureau ? Avec l’USB-C, c’est fini ! Les utilisateurs disposent enfin d’une solution universelle pour connecter leur PC à un écran fixe, une alimentation et surtout de multiples ports d’extension supplémentaires. Une solution universelle que l’on retrouve directement intégrée dans certains écrans, qui jouent pleinement ce rôle de dock. Ce qui permet cette prouesse, c’est le DisplayPort Alternate Mode (DP Alt Mode). L’idée est de faire transiter trois câbles en un : le courant électrique pour alimenter le PC – que l’on nomme le Power Delivery dans le jargon –, le signal DisplayPort pour l’affichage et bien entendu la donnée, comme tout bon câble USB qui se respecte. Il est possible de chaîner plusieurs écrans via les connecteurs DisplayPort in/ DisplayPort out. Si le Thunderbolt utilise le même connecteur, sa version 5 présentait, jusqu’à la sortie de l’USB4 v2, un débit bien supérieur (jusqu’à 120 Gbit/s en mode boost), ainsi qu’une puissance électrique allant jusqu’à 240 watts et le support d’un écran 8K à 60 hertz, deux écrans 8K ou 4K ou trois écrans 4K à 144 hertz.


Pas de guerre LCD IPS/ Oled dans les bureaux

Contrairement au marché TV où les constructeurs de dalles LCD IPS, Oled et Qled s’affrontent à coup d’innovations quasiment chaque année, le marché du moniteur informatique reste relativement stable. Le cycle de renouvellement des moniteurs est de un pour deux vis-à-vis des ordinateurs et leur durée de vie atteint fréquemment les huit à dix ans. D’autre part, la bureautique est un cas d’usage où l’image affichée à l’écran varie assez peu dans la journée : la barre Windows est statique et les fenêtres souvent ouvertes au même endroit. Même si la technologie Oled s’est beaucoup améliorée ces dernières années et que les optimisations logicielles participent aussi à limiter le risque de marquage de l’écran, elle ne progresse que lentement dans les gammes pour entreprises. Sur les notebooks et les smartphones, dont la durée de vie est plus courte, la qualité de l’Oled s’impose mais sur un écran fixe, le marché reste concentré sur le LCD rétroéclairé par Led. Enfin, le prix du LCD fait la différence lorsqu’il s’agit d’acheter des écrans par centaines ou par milliers.


Utilisateurs professionnels et gamers, deux cibles bien différentes

En volume, le marché professionnel reste très largement dominé par les écrans de 24 et 27 pouces qui représentent à eux deux 70 % des ventes. L’installation la plus fréquente consiste à placer deux écrans face aux utilisateurs bureautiques. Néanmoins, la tendance glisse peu à peu vers les écrans ultra-larges afin d’offrir une meilleure ergonomie. Beaucoup plus premium, ces écrans 34 pouces incurvés WQHD génèrent encore des volumes bien moindres et sont réservés à quelques populations bien spécifiques dans les entreprises. Sur le marché grand public, ce format d’écran convient beaucoup moins aux gamers, qui restent fidèles au format 16 : 9 plus classique. Pour ces derniers, la performance de l’écran est primordiale. Aller vers la fréquence d’affichage la plus élevée, le 240 hertz, et une latence de 0,3 milliseconde ainsi que l’Oled pour avoir l’image la plus lumineuse et la plus contrastée sont maintenant les règles. Si le 120 hertz progresse ans le monde bureautique, les contraintes de coût et de consommation électrique font que ces deux marchés restent bien distincts pour les constructeurs.


RSE : la consommation électrique des écrans sous surveillance

Beaucoup d’entreprises cherchent à améliorer leur empreinte environnementale pour des raisons réglementaires – notamment la CRSD pour des questions d’image – ou à réduire leur facture énergétique. Les parcs de plusieurs centaines voire milliers d’écrans participent bien évidemment à cette facture. Pour le secteur public, la loi Agec (loi anti-gaspillage pour une économie circulaire) impose aux donneurs d’ordres d’avoir une part d’au moins 20 % de leurs achats portant sur des produits reconditionnés ou incorporant des matières recyclées. De fait, les constructeurs cherchent à améliorer l’impact environnemental de leurs écrans. Outre la part croissante des matériaux recyclés, avec des modèles qui oscillent entre 80 et 90 % d’utilisation de matières recyclées dans les châssis, on observe le recours à des emballages 100 % carton, sans polystyrène ni plastique ni métal. Les fabricants cherchent aussi à améliorer la consommation électrique de leurs produits. Alors qu’un écran 24 pouces standard consomme de l’ordre de 15 à 16 watts, on commence à voir des modèles qui tournent sous les 10 watts grâce à des Led de rétroéclairage plus performantes. De même, l’utilisation réelle de l’écran peut être monitorée pour réduire la consommation si l’utilisateur n’est pas présent. Depuis plusieurs années, certains écrans ont été dotés de capteurs de luminosité ambiante ou encore d’un capteur infrarouge, comme le Philips PowerSensor, qui met le moniteur en veille au bout de deux ou trois minutes si personne ne fait face à l’écran.

 

Par Alain Clapaud