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Cryptomonnaies : sanctions et durcissement réglementaire au Japon et aux Etats-Unis

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Les mineurs de cryptomonnaie ont aujourd'hui davantage d'impact sur les entreprises

Les assauts réglementaires se multiplient au Japon et aux Etats-Unis. Les autorités japonaises ont ordonné jeudi 7 mars à deux plateformes locales d’échanges de cryptomonnaies de cesser temporairement leurs opérations, parmi d’autres sanctions adressées à des acteurs du secteur après le piratage géant subi par Coincheck en janvier. Le gendarme américain des marchés financiers (SEC) durci aussi ses règles.

Dans un communiqué, l’agence des services financiers (FSA) a indiqué avoir ordonné aux plateformes FSHO et Bit Station d’arrêter leurs opérations pendant un mois. Selon l’agence, FSHO « n’a pas un système efficace de contrôle des échanges et n’a pas formé ses employés« , tandis qu’un employé de Bit Station « a détourné des dépôts de monnaie virtuelle de certains clients pour son usage personnel« . Les autorités ont également exigé de cinq autres plateformes, dont Coincheck, d’améliorer leurs pratiques.
Après cette annonce, le cours du bitcoin, principale monnaie virtuelle, a chuté de plus de 5 %, repassant sous la barre des 10 000 dollars. Il est tombé sous les 9 600 dollars, selon des chiffres compilés par le fournisseur de données financières Bloomberg, avant de remonter autour de 9 950 dollars vers 08H00 GMT.

Des systèmes dépassés

Coincheck avait déjà subi des mesures administratives après le piratage massif qu’elle a connu en janvier et qui a abouti à la perte de l’équivalent de 530 millions de dollars en cryptomonnaie NEM. Après ce vol, le plus important dans l’histoire des devises virtuelles, la société s’est engagée à rembourser quelque 400 millions de dollars au 260 000 clients affectés. Lors d’une conférence de presse jeudi 7 mars, Coincheck, a indiqué qu’elle compte commencer à rembourser ses clients affectés par le vol et reprendre ses opérations dès la semaine prochaine, ajoutant que les détails seraient précisés ultérieurement sur son site internet. Son directeur opérationnel Yusuke Otsuka a précisé que le système de l’entreprise avait été piraté après que plusieurs salariés aient ouvert des e-mails contenant des logiciels malveillants. La plateforme n’a pas réussi à actualiser ses systèmes pour suivre le rythme rapide du développement du marché des cryptomonnaies, a-t-il ajouté, précisant qu’elle allait renforcer les restrictions d’accès à son serveur.
Interrogé sur d’éventuelles démissions de responsables de l’entreprise après cet incident, le PDG de Coincheck, Koichiro Wada, a répondu que le groupe « est dans un processus d’examen, et que cela inclut (cette option) ».
En février, sept clients de la plateforme (deux entreprises et cinq personnes) ont déposé une plainte contre Coincheck, demandant un remboursement de leurs dépôts perdus et un dédommagement pour les intérêts perdus en raison
de l’incident. Après ce piratage, la FSA avait mené des perquisitions au sein de plusieurs plateformes locales d’échanges et avait demandé à une douzaine de plateformes de rendre compte de leurs efforts pour gérer les risques pesant sur la
sécurité de leurs systèmes.
Depuis l’an dernier, les autorités japonaises ont durci les règles à l’égard de ces plateformes d’échanges de cryptomonnaie, qui doivent s’enregistrer auprès de la FSA.

Le bitcoin chute aussi aux Etats-Unis après un nouvel assaut réglementaire

Aux Etats-Unis, le gendarme des marchés financiers (SEC) monte depuis plusieurs mois au créneau face à l’explosion du secteur des cryptomonnaies, engageant des actions en justice contre des ICO (levées de fonds en cryptomonnaies) frauduleuses à ses yeux, lançant des enquêtes sur diverses entreprises impliquées sur ce marché et mettant régulièrement en garde les investisseurs. La SEC a d’ailleurs appelé via un communiqué mercredi 6 mars les plateformes électroniques sur lesquelles s’échangent les cryptomonnaies à s’enregistrer auprès de ses services, déclenchant la baisse du cours de la plus célèbre d’entre elles, le bitcoin. Son cours a chuté de près de 10 % après la diffusion de ce communiqué, repassant sous la barre des 10 000 dollars. Il s’échangeait vers 18H45 GMT à 9 800 dollars, selon Bloomberg.

 

Auteur : La Rédaction avec AFP