Accueil Enquête Compétitivité des entreprises de taille intermédiaire : des dirigeants plus optimistes

Compétitivité des entreprises de taille intermédiaire : des dirigeants plus optimistes

Malgré un environnement économique qui reste difficile et instable, les dirigeants des entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises restent confiants sur la compétitivité de leurs sociétés. Ils sont même enclins à un certain optimisme en raison d’une conjoncture relativement favorable (baisse de l’euro, baisse des coûts de l’énergie, politique monétaire de la BCE). Ils n’en considèrent pas moins que le défi de la compétitivité des ETI demeure pour une très large part encore à relever.

Lancé en septembre 2014 et renouvelé en février dernier, le baromètre lancé par Amundi (asset manager européen, filiale du Crédit Agricole et de Société Générale), le METI (ex ASMEP-ETI) et Option Finance livre pour sa troisième vague trois enseignements principaux :

  1. Un regain d’optimisme des dirigeants d’ETI qui s’explique principalement par une conjoncture favorable

Au cours des 12 derniers mois, 67 % des dirigeants d’ETI (chiffre stable vs vague 2) estiment que la compétitivité de leur entreprise s’est améliorée, 1 sur 4 estimant qu’elle s’est au contraire dégradée. Le sentiment d’amélioration touche plus nettement le secteur industriel (72 %), que celui des services. Cette tendance se confirme également pour les 12 prochains mois puisque 85% des dirigeants (+10 % par rapport à la vague 1) ont confiance dans l’évolution de leur activité.

Même si l’augmentation de la productivité est pour 71 % des dirigeants d’ETI la raison principale de l’amélioration de leur compétitivité, 67 % d’entre eux (versus 58 % en vague 2) l’imputent aussi à la réduction des coûts. Les effets positifs de la baisse de l’euro se font désormais plus nettement sentir : 20 % d’entre eux les mentionnent en mai 2015 contre 9 % en février dernier.

  1. Un environnement juridique et fiscal toujours insatisfaisant même si le ressenti s’améliore

Le poids de la fiscalité (taxes et impôts + taxes sectorielles) est toujours bien présent, bien que cette 3ème vague montre une inflexion : 50% des dirigeants d’ETI (-21 par rapport à février 2015) estiment que les taxes se sont accrues au cours des 12 derniers mois. Le sentiment de l’allongement du temps passé aux aspects fiscaux est également en baisse (-10 % par rapport à la vague 1 54%). Par ailleurs, 73% des dirigeants d’ETI se sentent davantage en confiance dans leurs relations avec l’administration.

En revanche, les dernières mesures gouvernementales peinent à convaincre : 59 % d’entre eux considèrent que la Loi Macron n’est pas de nature à améliorer la compétitivité de leur entreprise.

  1. Des investissements qui ne posent pas de difficultés particulières de financement et se concentrent de plus en plus sur les opérations de croissance externe

Pour renforcer la compétitivité de leur entreprise, les dirigeants des ETI privilégient l’investissement en Recherche & Développement (pour 52 % des dirigeants d’ETI), puis les investissements dans la production (pour 52 %). Le marketing et la communication progressent de 4 % vs vague 2 et deviennent une priorité pour 52 % des ETI, voire le poste numéro 1 dans le secteur des services (58 %). La croissance externe enregistre une nette progression :  avec 47 %, vs 37 % vague 2.

La question du financement n’est pas un problème.  Plus de 80% des dirigeants d’ETI interrogés estiment disposer de moyens nécessaires pour financer ces investissements. L’accès au financement est, quant à lui, jugé plutôt aisé par 3/4 d’entre elles. Cet indicateur déjà nettement positif en septembre est aujourd’hui stable, quel que soit le secteur ou la taille de l’entreprise. Les besoins de financement comme les opérations de financement – en net retrait entre les vagues 1 et 2 – sont maintenant stables.

L’environnement de taux bas conduit 4 dirigeants sur 10 à faire évoluer ses placements de trésorerie en allongeant les maturités pour rechercher davantage de performance. La préservation du capital reste toujours la  priorité pour 87 % d’entre eux (contre 83% en vague 2).

Enfin, l’association des collaborateurs à la performance de l’entreprise est toujours une priorité pour les ETI. On retrouve une grande stabilité dans les outils déjà mis en place comme les plans de formation (pour 86% des dirigeants d’ETI), la prévoyance (82%), ou encore les primes individuelles (75%). En termes de projections, outre la formation (43%), l’épargne salariale (23%) est également un outil que les ETI projettent de mettre en place dans les 12 prochains mois.

Enquête réalisée par Aloa Consulting par téléphone entre le 21 mai au 5 juin 2015  auprès d’un échantillon de 303 ETI représentatif de cette catégorie d’entreprise.

Juliette Paoli