Accueil Souveraineté des données : Starburst pousse la fédération inter-clusters avec Stargate

Souveraineté des données : Starburst pousse la fédération inter-clusters avec Stargate

Face aux contraintes croissantes de souveraineté des données en Europe, Starburst met en avant une approche de lakehouse fédéré reposant sur sa technologie Stargate. L’objectif est de permettre aux entreprises d’exploiter leurs données sans les déplacer, dans des environnements hybrides et multi-cloud de plus en plus fragmentés.

Le multicloud sous pression réglementaire

La question de la localisation des données s’impose désormais comme un enjeu opérationnel pour les DSI. Selon plusieurs estimations, une part encore majoritaire des données européennes reste hébergée hors du continent, dans des infrastructures dominées par les hyperscalers américains.

Cette dépendance pose un double problème : juridique, avec l’exposition au Cloud Act, et technique, avec des architectures distribuées devenues la norme. Dans les faits, les entreprises jonglent entre plusieurs clouds publics, des environnements on-premise et des contraintes de résidence des données qui varient selon les pays et les secteurs.

Dans ce contexte, les approches traditionnelles consistant à centraliser les données atteignent leurs limites. Les coûts de transfert, les latences réseau et les risques de non-conformité compliquent leur mise en œuvre à grande échelle.

Une fédération des données plutôt qu’une centralisation

C’est précisément sur ce point que Starburst cherche à se différencier. Avec Stargate, l’éditeur propose une architecture de fédération inter-clusters qui permet d’interroger les données là où elles résident, sans les déplacer ni les dupliquer.

Concrètement, les requêtes sont exécutées localement sur chaque environnement, tandis que la couche de métadonnées est unifiée. Cette approche vise à concilier exigences de performance et contraintes réglementaires, notamment en matière de résidence des données.

« Les entreprises ne peuvent plus se permettre de déplacer massivement leurs données pour les exploiter », résume Pascal Gasp, Senior Solutions Architect chez Starburst. « La souveraineté impose de traiter les données là où elles sont stockées. »

La dernière évolution de la technologie, baptisée Stargate Parallel, introduit des mécanismes de parallélisation des requêtes. Selon l’éditeur, cela permettrait d’améliorer les performances jusqu’à 67 % sur certains workloads analytiques, notamment dans des scénarios impliquant des jointures entre clusters distribués géographiquement.

Des cas d’usage dans des secteurs régulés

L’approche trouve un écho particulier dans les secteurs soumis à de fortes contraintes réglementaires. Dans la santé, la finance ou encore les télécoms, la circulation des données est strictement encadrée.

Starburst cite notamment le cas de SOPHiA GENETICS, qui exploite des données de patients réparties dans plusieurs pays sans les déplacer, afin de rester conforme aux exigences locales du RGPD. L’entreprise aurait ainsi amélioré la disponibilité de ses données analytiques de 10 à 15 %.

En France, l’éditeur indique également être présent dans des environnements critiques : établissements bancaires, opérateurs télécoms, acteurs de la logistique ou organismes publics de santé. Dans ces contextes, la fédération des données apparaît moins comme un choix architectural que comme une contrainte imposée.

Un socle pour les projets data et IA

Au-delà de la conformité, Starburst positionne son approche comme un facilitateur pour les projets d’analytique avancée et d’intelligence artificielle. L’argument est classique : la valeur des modèles dépend directement de l’accès aux données.

Or, dans des architectures fragmentées, les pipelines ETL et les duplications de données introduisent des frictions qui ralentissent les projets. En unifiant l’accès sans déplacer les données, la fédération vise à simplifier cette couche d’accès.

La plateforme intègre également des fonctions de gouvernance, contrôle d’accès, masquage des données, audit, afin de permettre l’exploitation de données sensibles dans un cadre conforme.

Une réponse à un calendrier réglementaire serré

Cette stratégie s’inscrit dans un contexte réglementaire européen qui se durcit. L’entrée en application du Data Act et la perspective de la suppression des frais d’egress inter-cloud d’ici 2027 pourraient rebattre les cartes.

Pour les entreprises, ces évolutions renforcent l’intérêt de modèles où les données restent distribuées mais accessibles de manière unifiée.

Dans ce cadre, les architectures de fédération comme celle de Starburst ne relèvent plus uniquement de l’optimisation technique. Elles s’inscrivent progressivement comme une réponse aux exigences réglementaires, voire comme un prérequis pour opérer dans un environnement multicloud conforme.