Un marché en croissance, une inadéquation persistante
La demande pour le Technology Expense Management n’a jamais été aussi forte. Explosion des dépenses télécoms, complexification des environnements, pression budgétaire accrue, exigences réglementaires renforcées. Sur le papier, le marché répond présent. Dans la réalité, ce que l’on observe sur le terrain est plus nuancé. Beaucoup de fournisseurs TEM ne répondent pas réellement aux besoins du mid-market européen. Et ce décalage n’est pas conjoncturel. Il est structurel. L’enjeu principal n’est pas la taille des entreprises. L’enjeu est la nature de leur complexité. Le marché européen n’est pas une version allégée du grand compte. Il est multi-pays très tôt, multi-opérateurs presque par défaut, et rarement doté d’équipes internes spécialisées TEM. Beaucoup de solutions ont été conçues pour un autre monde. Un autre rythme. Une autre organisation.
Tous les fournisseurs TEM ne sont pas – et ne seront pas – adaptés. Historiquement, la majorité des plateformes TEM ont été développées pour le Fortune 500 : projets longs, intégrations lourdes, déploiements complexes, équipes internes dédiées. Ce modèle fonctionne quand on dispose de ressources importantes et de cycles de décision longs.
En Europe, les attentes sont différentes :
- mise en œuvre rapide,
- valeur mesurable rapidement,
- simplicité d’exploitation,
- capacité d’évolution sans projet de transformation massif.
- possibilité de délégation partielle ou complète
Ce que l’on observe, c’est que faute d’offre adaptée, beaucoup d’entreprises continuent à gérer leurs dépenses télécoms via Excel ou des outils comptables basiques. Ce n’est pas un manque de maturité. C’est un manque d’adéquation de l’offre.
Pourquoi le mid-market européen ne peut pas être traité comme le mid-market américain
Confondre mid-market américain et mid-market européen est une erreur fréquente. Aux États-Unis, une entreprise mid-market opère souvent sur un marché domestique unique. Fiscalité relativement homogène. Nombre limité d’opérateurs. Standardisation plus simple. En Europe, une entreprise de 800 ou 1 000 salariés peut opérer dans cinq pays. Avec cinq fiscalités. Cinq opérateurs. Cinq fournisseurs logiques contractuelles. La complexité n’est pas volumétrique. Elle est structurelle. Un TEM conçu pour un environnement mono-pays devient rapidement inadapté. Dans la réalité, l’écart le plus sous-estimé reste la TVA. La sales tax américaine est rarement structurante dans un projet TEM or la TVA européenne, elle, conditionne l’allocation des coûts, la récupération fiscale, la conformité. Un TEM non “TVA-ready” génère des erreurs comptables. Et des pertes financières. Ce n’est pas une option avancée. C’est un pré-requis. À cela s’ajoute la souveraineté des données, le RGPD, la résidence européenne et l’auditabilité. Le TEM manipule des données sensibles : consommations, identifiants d’équipements, usages. En Europe, la conformité doit être native, pas contractuelle.
Les entreprises mid-market n’achète pas un TEM “complet” : il achète un TEM opérationnel
Les décideurs ne recherchent plus des plateformes monolithiques. Ils recherchent des briques activables rapidement :
- TEM
- TEM + MMS
- cycle de vie IT / ITAD
- UEM managé
La richesse fonctionnelle théorique n’est plus le critère clé. Le critère clé est le ROI visible rapidement. Certains acteurs ne seront jamais adaptés au marché européen. Non par défaut technologique. Mais parce que leur ADN reste celui de projets lourds, longs et coûteux à exploiter. Ce décalage ne se corrige pas par une simple déclinaison commerciale.
Plateforme seule ou services seuls : deux impasses symétriques
Le marché TEM reste marqué par une séparation historique : D’un côté, des éditeurs purs. De l’autre, des sociétés de services opérant des processus complexes.
Les entreprises européennes recherchent désormais un modèle hybride :
- Plateforme intégrée
- Capacité d’exécution opérationnelle
- Traitement et contrôle des factures.
- Gestion des MACD.
- Support mobilité.
- Logistique et renouvellement.
- et ITAD.
Dans la réalité, l’efficacité naît de la convergence. Un outil sans exécution crée de la dépendance interne. Un service sans plateforme crée de l’opacité. Les acteurs purement logiciels ou purement services devront évoluer profondément pour rester crédibles.
TEM moderne : convergence TEM, MMS, UEM/MDM et ITAD
Le TEM n’est plus isolé. Dans les organisations matures, dépenses, actifs, sécurité et conformité sont interdépendants.
Un TEM pertinent aujourd’hui doit s’articuler avec :
- MMS (ordering, gestion de flotte, MACD)
- UEM/MDM (politiques de sécurité, multi-OS, conformité continue)
- ITAD (offboarding, effacement certifié, réemploi)
Traiter ces briques séparément crée des silos. Multiplier les interfaces fragilise le cycle de vie. Ce que l’on observe, c’est que la valeur se situe dans la convergence. Pas dans l’assemblage contractuel.
L’Europe : un filtre de maturité pour les fournisseurs TEM
Le marché européen agit comme un révélateur.
- RGPD.
- Fiscalité multi-pays.
- Fiscal.
- Résidence des données.
- Support local.
Ces exigences ne sont pas accessoires. Elles conditionnent l’exploitation quotidienne. Un fournisseur capable d’adresser le marché européen démontre sa maturité opérationnelle et l’inverse n’est pas vrai. Un TEM “global” qui ignore la complexité multi-opérateurs, la localisation des données ou la fiscalité ne sera pas exploitable à grande échelle en Europe.
Une question de maturité, pas de marketing
Le marché du Technology Expense Management entre dans une phase de sélection naturelle. Toutes les solutions ne sont pas adaptées au marché européen. Certaines ne le seront jamais. Pour les DSI, CFO et responsables achats, la question n’est plus de comparer des fonctionnalités mais d’estimer si le fournisseur de TEM est capable de piloter sa complexité réelle – aujourd’hui et demain ?
Charles DEPLANQUE, CMO de Saaswedo

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