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La RSE : le nouveau relais de croissance des entreprises

Laurent Barthélemy, Manager RSE à louer chez Louerunmanager.com

Incontestablement, la RSE est un axe stratégique pour nombre d’entreprises qui souhaitent moderniser leur gouvernance et poser les bases d’un développement vertueux et responsable. Historiquement abordée par les grands comptes, elle est désormais mise en œuvre par tous types d’entreprises et s’impose comme un mode de gouvernance incontournable et vertueux.

Pourquoi RSE et performance vont-elles de pair ?

D’abord parce que le coût, en temps et en euro, de la démarche RSE n’est pas nécessairement élevé et que des améliorations concrètes et rapides peuvent être obtenues avec un coût faible. Parmi d’autres réalisations, le rapport AFNOR 2014 sur des démarches RSE de PME en Rhône-Alpes en donne des exemples concrets. Les dirigeants des dix-neuf PME impliquées soulignent les effets positifs mesurés, aussi bien en termes de RH, de politique commerciale ou d’économies d’énergie. Autrement dit, le retour sur investissement est en général rapide.

Ensuite, parce que les investisseurs ne s’y trompent pas : pour preuve, la multiplication durable des ISR (sociétés ou fonds d’Investissement socialement responsables, investissant en Private Equity dans des entreprises orientées RSE). Aussi, des initiatives comme l’adoption du statut de « société à objet social étendu » (SOSE), par Nutriset (entre autres), apportent la souplesse nécessaire à la gestion stratégique simultanée des objectifs financiers et extrafinanciers.

Et cela a été mesuré ! Au-delà du bon sens de pratiques constructives qui ne peuvent que renforcer la viabilité et le développement d’une communauté humaine, une étude récente commanditée par France Stratégie (2015-2016) et menée sur 8 500 entreprises de toutes tailles confirme un écart de l’ordre de 13 % en faveur des résultats économiques des entreprises ayant des bonnes pratiques RSE.

Concrètement, où sont les leviers ?

Sécuriser l’avenir de sa société en « restant dans la course » : la quasi-totalité des grands groupes et donneurs d’ordres exigent maintenant une pratique de développement durable et RSE de leurs fournisseurs ou sous-traitants, plus ou moins alignée sur la leur. Autant anticiper et avoir du répondant !

« Déminer » les problèmes potentiels dans les domaines sociaux et environnementaux, en s’obligeant à y réfléchir globalement et à prendre des mesures préventives dont le coût est bien inférieur aux pertes qu’on évite ainsi.

Renforcer la cohésion avec les parties prenantes, car cette réflexion et ces actions sont menées en concertation avec celles-ci (salariés, clients, fournisseurs, territoires, etc.).

Fidéliser les collaborateurs sur des projets partagés, notamment par le volet sociétal de la RSE. Ce travail en commun est également une source d’information unique pour tous, et un miroir tendu sur les pratiques dans les trois domaines de la RSE.
Poser toutes les bonnes questions pour le développement de l’entreprise de façon sereine et non sous la pression de l’urgence, aussi bien en termes d’innovation que de formation continue ou de gestion de l’environnement. La démarche RSE oblige à s’interroger sur la cohérence du développement de l’entreprise, de sa stratégie et des moyens mis en œuvre.

Mais la RSE, c’est pour les grands groupes ? Non !

Le rapport AFNOR 2014, déjà mentionné, sur des démarches RSE de PME en Rhône-Alpes montre comment elles peuvent évoluer avec profit (dans les trois domaines de la RSE) par une démarche plus structurée.

On peut même dire que la PME se prête plus facilement que les grands groupes à une construction et une adhésion collective à la démarche RSE, puisque les effectifs sont plus limités et les circuits de communication et de décision beaucoup plus courts. La RSE est un investissement limité, qui ne remplace pas les approches économiques, environnementales ou RH, mais les intègre de façon cohérente et les questionne.

Enfin, les régions et les chambres de commerce encouragent concrètement les démarches RSE dans le but de soutenir la compétitivité et le développement des entreprises qu’elles accueillent, et donc leur impact positif sur les territoires concernés.

La RSE se positionne donc indiscutablement comme un véritable relai de croissance. Attention donc à ne pas la considérer comme un gadget, mais comme un outil de gouvernance générateur de nombreux bénéfices.