Par Sammy Zoghlami, SVP EMEA, Nutanix
Après une phase d’enthousiasme généralisé, parfois précipitée, beaucoup découvrent aujourd’hui la complexité d’une adoption durable de l’IA : comment structurer des usages pertinents, intégrer l’IA dans les architectures existantes et en maîtriser réellement les risques ?
Depuis quelques temps, on remarque que nous sortons désormais de l’ère des expérimentations tous azimuts. L’IA entre dans une phase de maturité qui oblige les organisations à clarifier sa valeur, son rôle dans l’entreprise et son impact sur l’équilibre entre données, applications et plateformes. Cette transition n’est pas seulement technologique : elle bouscule la manière dont les entreprises envisagent leur résilience, orchestrent leurs environnements hybrides et conçoivent leurs modèles opérationnels.
Aujourd’hui, une nouvelle réalité se dessine. Trois dynamiques majeures se dégagent et déterminent la capacité des organisations à transformer l’IA en un avantage durable plutôt qu’en un empilement de projets isolés.
Les entreprises passeront d’une approche “AI-first” au “AI-smart”
De nombreuses organisations se sont lancées tête baissée dans l’IA, sans mesurer ses conséquences ni anticiper les cas d’usage métier pertinents. À l’image de la ruée initiale vers le cloud first, elles vont désormais réévaluer leurs stacks technologiques pour déterminer où l’intelligence artificielle apporte réellement de la valeur. Les applications d’IA sont devenues indispensables plus rapidement que toute autre technologie. En 2026, les organisations intégreront l’IA au cœur de leur informatique d’entreprise et mettront l’accent sur trois priorités : la résilience business, les opérations de Day Two et la sécurité.
Le sovereign edge continuera d’évoluer
L’intelligence artificielle pousse vers une infrastructure plus distribuée, car elle exige de traiter localement les données générées à l’Edge. Les entreprises devront définir des politiques de gestion et de sécurité distribuées, ainsi que des procédures de récupération et de destruction à distance pour le sovereign edge, et s’appuyer sur l’ingénierie de plateformes pour les mettre en œuvre. Avec l’explosion des usages d’IA, elles privilégieront le traitement sur site et se tourneront vers des solutions de gestion globale intégrant sécurité et résilience à l’Edge pour maîtriser cette évolution.
L’industrie technologique va entrer dans une décennie marquée par une “guerre de plateformes”
Nous entrons dans une décennie de guerres de plateformes où le succès ne reposera plus sur des fonctionnalités isolées mais sur la force et la souplesse de la plateforme dans son ensemble. Les entreprises rechercheront une plateformisation garantissant la liberté de choix tout en répondant à trois priorités essentielles, la résilience, la modernisation du matériel et celle du logiciel. L’innovation passera par des plateformes ouvertes, que ce soit pour le choix des conteneurs, des LLM ou des GPU. Les fournisseurs capables d’intégrer ces options de manière transparente et rapide seront mieux positionnés. De leur côté, les clients qui adopteront des plateformes complètes pourront gérer de manière unifiée les applications traditionnelles et nouvelles sur des environnements cloud hybrides, y compris sur le sovereign edge.
Clairement, l’intelligence artificielle pousse les organisations à reconfigurer en profondeur leurs architectures, leurs méthodes et leur définition même de la performance. Les dynamiques qui se profilent révèlent un mouvement clair : davantage de discernement dans l’usage de l’IA, une proximité accrue avec les données partout où elles se trouvent, et une plateformisation plus cohérente pour orchestrer des environnements hybrides de manière fiable et sécurisée.
Cette évolution marque une rupture importante. Les entreprises qui réussiront ne seront pas celles qui adoptent l’IA le plus vite, mais celles qui parviendront à l’intégrer dans un socle technologique ouvert, résilient et adaptable, capable de supporter aussi bien les workloads historiques que les applications d’IA de nouvelle génération.
En embrassant ces transformations, les organisations disposeront d’une architecture alignée sur leurs besoins réels et d’une capacité d’innovation qui ne se mesure plus seulement à la vitesse, mais à la robustesse, à la cohérence et à la maîtrise. C’est cette combinaison qui déterminera la trajectoire des entreprises dans la décennie à venir : Celles qui seront capables de structurer une architecture solide et évolutive seront les mieux placées pour transformer l’IA en un véritable moteur de performance.







