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Congés : le retour au travail révèle les failles dans la circulation de l’information

Une étude menée pour Zoom montre que l’accumulation de messages et la difficulté à retrouver les décisions prises pendant une absence pèsent sur la prise de congés. L’IA est notamment attendue pour faciliter le retour et réduire cette dépendance à une présence permanente.

Prendre quelques jours de congé ne signifie pas toujours décrocher réellement du travail. Selon l’Out of Office Index de Zoom, 61 % des professionnels interrogés redoutent la quantité de travail qui les attend à leur retour. 53 % déclarent même avoir besoin d’au moins trois jours pour se sentir pleinement à jour. Cette période de rattrapage ne se résume pas à vider une boîte mail. Les salariés doivent aussi retrouver les décisions prises pendant leur absence, comprendre l’évolution des dossiers et identifier les nouvelles priorités. Une difficulté qui révèle un problème plus large : dans de nombreuses organisations, une partie de l’information reste étroitement liée aux personnes qui la détiennent.

L’absence d’un collaborateur peut ralentir toute une équipe

Les conséquences sont également visibles pour ceux qui restent. 71 % des répondants constatent au moins occasionnellement des retards lorsqu’un collègue est absent. Pour 75 %, l’absence d’une personne clé retarde d’au moins une journée les tâches qui dépendent d’elle. Les difficultés concernent également la collaboration pour 65 % des répondants et l’efficacité opérationnelle pour 60 %.

Les congés deviennent ainsi un test grandeur nature de la capacité d’une organisation à faire circuler l’information sans dépendre de la disponibilité permanente de certains collaborateurs.

Cette dépendance commence d’ailleurs avant le départ. 65 % des personnes interrogées effectuent des heures supplémentaires avant leurs congés afin de prendre de l’avance. Près de la moitié, 48 %, ressentent de l’anxiété avant même leur absence. Les managers apparaissent particulièrement concernés. Ils sont 70 % à travailler davantage avant leur départ et 53 % à ressentir de l’anxiété à cette perspective, contre 36 % des salariés n’ayant pas de responsabilité managériale.

Des congés parfois sacrifiés pour éviter le rattrapage

La peur du retour peut aller jusqu’à modifier la manière dont les salariés utilisent leurs congés. 42 % ont déjà envisagé de ne pas en prendre à cause du stress lié au travail et 57 % ont laissé au moins une partie de leurs jours disponibles inutilisée au cours de l’année écoulée. La déconnexion reste elle aussi relative. 68 % préfèrent continuer à surveiller leur boîte de réception pendant leurs congés plutôt que de devoir traiter plusieurs centaines de messages à leur retour. Pour 77 %, l’accumulation d’e-mails et de messages non lus constitue une source de stress.

« Prendre des congés devrait permettre de se ressourcer, mais de nombreux professionnels passent leurs vacances à s’inquiéter de ce qui les attend à leur retour », observe Whitney Magnuson, Head of Brand Strategy and Activation chez Zoom.

L’IA attendue pour reconstruire le contexte

Pour réduire cette charge, les attentes portent moins sur l’automatisation du travail que sur la capacité de l’IA à restituer rapidement ce qui s’est passé pendant une absence. 82 % des personnes interrogées souhaiteraient disposer d’un résumé de ce qu’elles ont manqué, 80 % d’un récapitulatif automatique des décisions importantes et 79 % d’une liste des actions prioritaires à leur retour. Cette possibilité pourrait également favoriser une véritable déconnexion. 78 % des répondants indiquent qu’ils seraient davantage disposés à couper complètement avec le travail si l’IA leur permettait de se remettre à jour de manière fiable. Ils sont également 76 % à déclarer qu’ils utiliseraient alors une plus grande part de leurs congés.

Pour les entreprises, la question dépasse donc celle du confort au retour. Elle touche directement à la manière dont les connaissances, décisions et responsabilités sont partagées au sein des équipes. Un enjeu que les directions informatiques semblent avoir identifié : 76 % des décideurs interrogés prévoient d’investir dans des outils consacrés à la productivité des équipes et à la continuité du travail au cours des douze prochains mois.