Avec la première édition de son baromètre Channel, Dstny met en lumière une réalité de terrain : les partenaires IT et télécom évoluent dans un marché en transition, entre extinction des infrastructures historiques, montée des communications unifiées et nouvelles attentes autour de l’IA. Une photographie qui révèle autant des opportunités que des zones de friction.
Une bascule contrainte par la fin du cuivre
La transformation du marché de la connectivité s’impose d’abord comme une contrainte structurelle. Une part encore significative des parcs clients repose sur des infrastructures cuivre, avec près de deux partenaires sur dix indiquant que 40 % ou plus de leurs installations sont encore concernées. Une situation qui devra évoluer rapidement, sous peine de subir la disparition programmée de ces technologies dans les quatre prochaines années.
Pour les acteurs du Channel, l’enjeu est double : accompagner cette migration tout en limitant l’érosion de leur base installée. Si la majorité anticipe des pertes limitées de liens, la transition vers la fibre reste freinée par des obstacles bien identifiés. L’éligibilité, malgré une couverture nationale avancée, et les coûts de mise en service concentrent l’essentiel des difficultés. Le facteur économique reste déterminant, notamment sur les offres FTTO.
UCaaS : une trajectoire confirmée, encore freinée dans l’exécution
Sur le terrain des usages, la mutation est déjà engagée. La voix traditionnelle recule au profit du mobile et des communications unifiées, même si le poste fixe conserve une place importante dans les entreprises. Cette coexistence illustre une transition progressive plutôt qu’une rupture nette.
L’UCaaS s’impose désormais comme un axe structurant du marché. Les partenaires identifient clairement les leviers d’adoption : convergence mobile, compétitivité tarifaire et simplicité d’usage. Mais cette dynamique reste contrastée par des difficultés opérationnelles persistantes, notamment autour de la gestion de flotte mobile ou du matériel.
La convergence fixe-mobile, pourtant présentée comme différenciante, peine encore à s’imposer. L’adoption reste marginale et la commercialisation complexe, révélant un décalage entre le potentiel perçu et la réalité du terrain.
L’écosystème Microsoft Teams cristallise à lui seul ces tensions. Si une majorité de partenaires est en capacité de proposer des solutions de téléphonie intégrées, les retours témoignent d’une mise en œuvre encore imparfaite. Les difficultés se concentrent sur la qualification des projets, le packaging des offres ou encore l’accompagnement des clients, autant de points de friction qui ralentissent le passage à l’échelle.
L’IA s’installe, mais impose une logique d’usage
L’intelligence artificielle s’inscrit désormais dans les projets de communication, mais sans effet d’emballement uniforme. Le baromètre met en évidence une diversité d’attentes selon les organisations, allant de l’automatisation du standard à des fonctions avancées d’analyse ou de productivité.
Cette hétérogénéité souligne un changement de paradigme : l’IA ne se vend plus comme une promesse générique, mais comme une réponse ciblée à des cas d’usage précis. Les standards automatisés et les assistants capables de générer des résumés ou des actions concrètes apparaissent parmi les applications les plus immédiatement valorisées.
Au-delà de la technologie, la question centrale devient celle de l’adoption et du retour sur investissement. La capacité des partenaires à identifier les bons usages et à les intégrer dans des offres cohérentes conditionne désormais la réussite des projets.
À travers cette première édition, Dstny esquisse les contours d’un marché en recomposition, où la transformation ne repose plus uniquement sur les technologies, mais sur la capacité à orchestrer leur intégration. Entre contraintes d’infrastructure, évolution des usages et montée en puissance de l’IA, le Channel IT se retrouve à la croisée des chemins, contraint d’accélérer sa mutation tout en sécurisant ses modèles existants.








