Accueil Développement Applications C’est quoi une app mobile réussie ? Créateurs et usagers en désaccord

C’est quoi une app mobile réussie ? Créateurs et usagers en désaccord

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construction appli mobile

A quoi peut servir une application mobile, comment on la construit, comment on l’utilise ? Les professionnels et les particuliers ont de manière surprenante des priorités différentes…

Les deux co-présidents du groupe Open, Guy Mamou Mani, par ailleurs vice-président du Conseil National du Numérique, et Frédéric Sebag présentaient ce matin un baromètre unique en son genre consacré aux applications mobiles (Baromètre des usages mobiles). Réalisée en partenariat avec EBG et Testapic, cette étude confronte l’expérience des utilisateurs et la vision des professionnels. Les stratèges de la mobilité parviennent-ils à identifier les attentes des consommateurs, et à y répondre ensuite ? Telle est la question qu’a mise en avant Frédéric Sebag en présentant ce rapport qui permet de « mesurer et confronter les attentes, obtenir une vision des leviers ». De par son angle, et son ampleur -l’étude a interrogé 1 003 particuliers et 637 professionnels -, elle intéresse tout aussi bien les directions générales, que les directions marketing et les responsables IT. De nombreux points de divergences apparaissent, et invitent pour certains à une remise en question des choix des concepteurs d’applis mobiles.

Innovation pour les utilisateurs, fonction originale et unique pour les pros

A quoi est conditionnée la réussite d’une app ? Le top 3 des réponses est constitué par l’innovation, la fonction originale et la continuité avec les autres canaux, mais l’ordre du podium n’est pas tout à fait le même entre consommateurs et professionnels. Si l’innovation est prioritaire pour les premiers, elle ne se place qu’en troisième position pour les seconds. Pourquoi désinstalle-t-on une application de son smartphone ? Les premiers désinstallent une app avant tout parce qu’elle est trop lente (pour 73,7 % d’entre eux), alors que les pros pensent, eux, que le principal motif de désinstallation est dû à un manque d’intérêt (71 %). La lenteur de l’application n’explique une désinstallation que pour 31,7 % d’entre eux. L’écart de perception est donc très fort. Le caractère trop intrusif des publicités et des notifications est une raison importante de faire passer à la trappe une application pour 65,8 % des consommateurs, alors que les professionnels ne sont que 54,5 % à le penser. Le manque de fiabilité, la consommation de mémoire ou d’espace disque, celle de la batterie, le manque de confiance sur l’utilisation des données, l’ergonomie et le design sont également des motifs plus forts d’insatisfaction chez les utilisateurs que chez les concepteurs d’applis. En ce qui concerne l’ergonomie et le design, même s’ils arrivent dans les derniers motifs de suppression, il faut là aussi noter des écarts importants de perception entre les deux populations. Les particuliers sont 33 % et 25 % à donner respectivement l’ergonomie et le design comme motif de désinstallation, contre un faible 16,3 % et un tout petit 3,6 % pour les pros… De quoi méditer.

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étude Open – Les motifs de désinstallation

5 notifications par jour pour les uns contre 2 pour les autres

Les professionnels sont frileux sur le sujet des notifications. Ils estiment devoir se limiter à 2 notifications par jour et par application, alors que les consommateurs sont prêts à en recevoir 5 quotidiennement par application, en particulier en provenance des réseaux sociaux, des banques, des médias, des transports et des services publics. Les professionnels auraient misé, eux, sur les réseaux sociaux aussi, mais citent ensuite les médias, les transports, les banques et les petites annonces. Le secteur public n’est cité que par 13,7 % d’entre eux contre 19,3 % pour les particuliers. En ce qui concerne les motifs de désabonnement aux notifications, un consensus relatif s’opère en revanche.

étude Open
étude Open – les notifications acceptées par les utilisateurs

Priorité à la maison connectée contre m-paiement

Une fois encore, le rapport note un désaccord entre les deux populations concernant cette fois les développements futurs. Les usagers s’intéressent à la maison connectée à 61,9 % et aux capacités de réseau à 57,1 % vs 43,3 % et 45,5 %. Les pros parient eux sur le paiement mobile à 71,1 % et les objets connectés (liés à la personne plutôt qu’à la maison) à 56,4 % vs 50,4 % et 46,6 %. Décalage aussi en ce qui concerne les développements concernant les réseaux sociaux En revanche sur la détection de proximité (via des beacons, par exemple), les nouveautés impulsées par les géants du secteur (type Google ou Apple), la géolocalisation à l’intérieur, ils sont d’accord.

Cette étude a vocation à être reconduite chaque année, et il sera intéressant de noter les évolutions.

Juliette Paoli