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AVIS D’EXPERT – Trois tendances qui redéfiniront les infrastructures Cloud des entreprises et des administrations en 2026

À l’horizon 2026, les infrastructures cloud entrent dans une nouvelle phase de maturité, marquée par la généralisation des architectures hybrides, l’essor de plateformes dédiées à l’IA générative et une exigence croissante de sobriété énergétique. Dans cet avis d’expert, Samuel Tourbot, Directeur Développement Business Cloud et Services chez Alcatel-Lucent Enterprise, décrypte les grandes tendances qui vont structurer les choix technologiques des entreprises et des administrations dans les prochaines années.

Le cloud a profondément changé notre façon de travailler et de penser l’infrastructure IT. Mais à l’horizon 2026, certaines évolutions promettent de bouleverser encore davantage le paysage et de le faire entrer dans une nouvelle phase, celle d’un cloud hybride, intelligent et durable. Dans cette tribune, Samuel Tourbot, Head of Cloud & Service growth engine chez Alcatel-Lucent Enterprise présente les trois tendances, qui selon lui, vont émerger clairement au cours des prochains mois.

L’essor des IA clouds, des environnements spécifiquement conçus pour la GenAI

L’IA est désormais un pilier opérationnel pour les entreprises et les administrations. En 2026, elles privilégieront des IA clouds c’est à dire des clouds conçus spécifiquement pour l’apprentissage, l’inférence et la gouvernance des modèles, plutôt que des clouds généralistes. »

Plusieurs acteurs européens proposent déjà ces environnements : OVHcloud avec ses clusters GPUs (Graphics Processing Units soit unités de traitement graphique)  haute performance et une gouvernance conforme aux exigences européennes ; NVIDIA DGX Cloud, pour entraîner des modèles avancés sans investir dans des infrastructures internes ; Microsoft Azure AI, utilisé dans le secteur public pour automatiser les échanges administratifs ; ou encore Google Vertex AI, exploité dans la santé pour analyser des flux d’imagerie en conformité avec les réglementations.

Concrètement, par exemple, dans l’industrie, l’utilisation de modèles génératifs pour anticiper les pannes à partir de logs historiques réduit les coûts de maintenance et améliore la continuité de service. Déployer ces workloads très gourmands en calcul sur des IA clouds optimisés comme ceux cités présente deux intérêts : accélérer l’entraînement et l’inférence des modèles, tout en maîtrisant les coûts et la consommation énergétique.

Le cloud hybride et le multi-cloud deviennent la norme

Le « one size fits all » du cloud n’a jamais été la solution, et 2026 le confirmera. Déjà populaire chez les entreprises de taille moyenne, le cloud hybride deviendra l’architecture par défaut des grandes organisations, alliant flexibilité et conformité. Elles devront ainsi combiner :

  • leurs data centers, pour les charges critiques,
  • des clouds publics, pour la scalabilité,
  • et des clouds sectoriels, pour répondre aux obligations réglementaires (santé, défense, finance).

Les outils d’orchestration multi-cloud sont désormais matures pour cela. Citons Kubernetes pour la portabilité, Anthos (Google), Azure Arc (Microsoft) ou encore VMware Aria pour des politiques de sécurité unifiées, et des plateformes FinOps pour optimiser performance et coûts.

Sur le terrain, comment cela peut-il se traduire ? Imaginons un opérateur logistique européen qui exploite désormais son système de gestion d’entrepôt sur site pour la latence, tout en utilisant des services cloud publics pour optimiser les itinéraires en temps réel via des modèles prédictifs. Le multi-cloud lui permet ainsi de tirer parti de la meilleure technologie pour chaque besoin, sans dépendance excessive.

En 2026, la question ne sera plus « faut-il migrer ? », mais : « comment arbitrer intelligemment entre performance, coût, souveraineté et résilience ? » Et au‑delà de ces arbitrages, un autre défi s’impose : réduire l’empreinte énergétique des infrastructures cloud, devenu un critère stratégique pour les organisations.

L’efficacité énergétique des data centers devient un impératif stratégique

La consommation énergétique des data centers augmente continuellement, et les engagements ESG imposent aux entreprises de réduire leur impact. Selon un rapport International Energy Agency, la consommation électrique mondiale des data centers devrait atteindre près de 945 TWh en 2030, soit plus de 3 % de la consommation mondiale d’électricité d’ici 2030.

Les approches GreenOps gagnent du terrain : allocation fine des ressources, optimisation des modèles énergivores, archivage intelligent et supervision incluant l’impact énergétique.

Plusieurs hôpitaux européens migrent, par exemple, déjà leurs plateformes d’imagerie vers des clouds plus sobres, comme Google Cloud, alimentés en énergie renouvelable. OVHcloud atteint des PUE (Power Usage Effectiveness soit indices d’efficacité énergétique) parmi les plus bas du marché, entre 1,09 et 1,15. Les technologies de refroidissement par immersion, testées par Asperitas, Submer ou Microsoft, permettent des gains de 20 à 40 % sur la consommation énergétique.

2026 marque l’entrée dans l’ère du cloud intelligent et responsable

Les organisations qui réussiront à tirer pleinement des capacités du cloud seront celles capables de :

  • exploiter des IA clouds sécurisés et maîtrisés,
  • orchestrer efficacement leurs environnements hybrides et multi-cloud,
  • intégrer la durabilité dans leurs choix d’architecture grâce au GreenOps.

Le cloud n’est pas uniquement un environnement d’hébergement, c’est un levier stratégique pour l’innovation, la compétitivité et la performance durable. C’est pourquoi, en 2026, anticiper ces tendances ne sera plus un avantage mais définitivement une condition de compétitivité et de résilience.