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AVIS D’EXPERT – L’IA transforme le stockage : pourquoi les données deviennent le centre de gravité des infrastructures

À mesure que l’IA passe à l’échelle, la performance des infrastructures dépend de moins en moins du seul calcul. Jason Feist, SVP Product & Market chez Seagate, revient sur le rôle devenu central du stockage, alors que les volumes de données explosent et que leur disponibilité, leur coût et leur circulation conditionnent désormais directement les usages d’IA.

Pendant des décennies, la performance des infrastructures reposait principalement sur la puissance de calcul. Avec l’essor du cloud et de l’intelligence artificielle, un autre facteur devient déterminant : la capacité à stocker, organiser et mobiliser les données à grande échelle.

Les entreprises doivent aujourd’hui exploiter des volumes d’information sans précédent pour entraîner et alimenter leurs modèles d’IA. Dans ce contexte, le stockage n’est plus un simple support technique : il devient une infrastructure stratégique, au cœur de la performance et de la création de valeur.

Le changement d’échelle impose un nouveau modèle

Les infrastructures historiques ont été conçues pour un monde où les données étaient centralisées et étroitement liées aux ressources de calcul.

Le cloud puis l’IA ont profondément modifié cette logique. Les données sont désormais distribuées, partagées entre de multiples applications et sollicitées en permanence pour l’entraînement, l’inférence ou l’analyse.

Face à ces exigences, les architectures traditionnelles atteignent leurs limites. Les organisations privilégient désormais des modèles distribués capables de gérer des volumes massifs de données tout en conciliant performance, résilience et maîtrise des coûts.

Cette évolution s’appuie notamment sur le stockage objet, utilisé par les grandes plateformes cloud comme Amazon S3, Azure Blob Storage ou Google Cloud Storage. Conçu pour gérer des volumes massifs de données distribuées à l’échelle mondiale, ce modèle est devenu un pilier des infrastructures cloud et IA.

Pourquoi les disques durs restent indispensables

Cette transformation est souvent analysée sous l’angle logiciel. Pourtant, les contraintes physiques et économiques restent essentielles.

Les infrastructures cloud et IA doivent stocker toujours plus de données tout en maîtrisant leur consommation énergétique et leurs coûts d’exploitation. À cette échelle, le coût par téraoctet devient un facteur stratégique.

C’est pourquoi les disques durs restent au cœur des grands centres de données. Selon les estimations du secteur, ils représentent près de 87 % des exaoctets stockés dans les infrastructures hyperscale. Leur combinaison de densité, de durabilité et d’efficacité économique reste sans équivalent.

L’enjeu n’est donc pas de remplacer cette technologie, mais de concevoir des architectures capables d’en exploiter pleinement les avantages.

Une évolution stratégique pour l’IA

L’IA accélère une transformation déjà engagée : les données deviennent le centre de gravité des infrastructures numériques.

La performance ne dépend plus uniquement de la puissance de calcul disponible. Elle repose sur la capacité à transformer les données en un actif exploitable par les applications et les modèles d’IA.

Pour les organisations, le défi n’est donc pas seulement d’accéder à davantage de ressources de calcul mais à bâtir une infrastructure capable de conserver, partager et valoriser les données à l’échelle des nouveaux usages.

C’est pourquoi l’IA conduit à redéfinir ce que l’on entend par stockage primaire : non plus un système situé au plus près du calcul, mais la couche de données qui alimente en continu l’ensemble des applications, services et modèles.