Accueil Innovation Au service du numérique – Accorder la lenteur de la science avec...

Au service du numérique – Accorder la lenteur de la science avec la vitesse du numérique

La recherche demande du temps. Le numérique, lui, n’attend pas. Chez Onepoint, l’Institut a été pensé comme un « traducteur » entre deux temporalités qui ne parlent pas la même langue. Une recherche en entreprise, orientée usages, qui doit produire du solide sans rater le train de l’innovation.

Dans la série « Au service du numérique », Solutions Numériques & Cybersécurité s’appuie sur le Prix des Sociétés de Services organisé par 
Napta & La Lettre du Conseil pour mettre en lumière des initiatives concrètes, souvent invisibles à l’extérieur des cabinets. Parmi les lauréats qui ont accepté de nous répondre, nous décryptons des choix opérationnels, recherche appliquée, prise de parole, expérience client, afin de comprendre ce qu’ils changent réellement dans le fonctionnement des organisations et en quoi ils peuvent inspirer d’autres acteurs du numérique.

Deux temporalités qui ne s’opposent pas, mais qui doivent s’ajuster

Muriel Touaty, partner Éducation, Recherche et Innovation chez Onepoint, le dit sans détour : son sujet quotidien, c’est la conjugaison des temps. « La recherche fondamentale demande de la lenteur », rappelle-t-elle, quand « la vitesse inouïe de l’innovation » impose un tout autre rythme.
Le risque n’est pas la confrontation frontale, mais l’ignorance mutuelle. D’un côté, un monde qui produit des connaissances difficiles à transformer. De l’autre, un monde qui fabrique des solutions trop vite, parfois sans socle. Dans un contexte où l’IA, la sécurité, les smart cities ou la décarbonation évoluent sans pause, tenir les deux bouts devient un avantage compétitif.

Une recherche d’entreprise : profils entreprenants, objectifs utilisables

La différence, insiste-t-elle, tient à la nature même de la recherche. L’Institut ne se vit pas comme un laboratoire académique classique. Il s’inscrit dans une logique de recherche appliquée, avec une exigence claire : déboucher sur des technologies et des usages « utilisables ».
Cela change les profils recrutés, les critères de priorité, mais aussi le rapport au marché. L’objectif n’est pas seulement de comprendre, mais de transformer.

Des laboratoires communs pour accélérer sans simplifier

Pour tenir ce pari, Onepoint structure l’Institut autour de laboratoires communs avec des acteurs de premier plan : CEA-List, ESSEC (Metalab) et Télécom Paris (TALia).
Le dispositif est complété par un conseil scientifique. L’idée est claire : s’adosser à des partenaires qui tirent l’exigence vers le haut, tout en conservant la capacité à industrialiser.

Du kit olfactif à la traduction médicale : la preuve par l’usage

La recherche appliquée, lorsqu’elle reste abstraite, ne convainc personne. L’Institut met donc en avant des cas concrets.
Parmi eux, Ma Madeleine, un kit de rééducation olfactive post-Covid, ou encore Hospeech, une solution de traduction vocale médicale pensée pour des usages sensibles, avec de forts enjeux de souveraineté et de sécurité.
Deux exemples qui illustrent une même ligne : transformer des travaux scientifiques en solutions opérationnelles, sans perdre en rigueur.

Un « bouclier technologique » pour se différencier

Au-delà des projets, l’Institut joue un rôle de marque et de positionnement. Muriel Touaty parle d’un « bouclier technologique » : une manière de singulariser Onepoint dans un paysage où le conseil peut vite se ressembler.
L’enjeu n’est pas de « faire savant », mais de montrer, preuves à l’appui, qu’une société de services peut produire de l’excellence scientifique et la convertir en valeur. C’est précisément ce que le Prix Recherche & Innovation est venu consacrer en 2025.