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Appel à candidatures : le GICAN lance SEAstart #4 pour accélérer les technologies numériques navales

Avec le lancement de la quatrième édition de son programme SEAstart, le GICAN confirme son rôle d’interface entre innovation technologique et industrie maritime. L’appel à manifestation d’intérêt, ouvert jusqu’au 27 mai 2026, vise à structurer davantage un écosystème où les start-up et PME innovantes peinent encore à trouver leur place face aux exigences des marchés civils et militaires.

Un accélérateur au service d’un écosystème en recomposition

Depuis son lancement en 2019, SEAstart veut rapprocher deux mondes qui avancent souvent en parallèle. D’un côté, des industriels confrontés à des enjeux de transformation accélérée et contraints d’aller chercher l’innovation à l’extérieur. De l’autre, des start-up technologiques et des PME innovantes qui développent des solutions avancées sans toujours en maîtriser les débouchés dans le secteur des applications civiles et de défense.

Avec cette quatrième édition, le GICAN poursuit ce travail de mise en relation en structurant un cadre d’intégration des technologies au sein de la filière navale française. Le programme agit comme un point de convergence entre les besoins opérationnels et les capacités d’innovation, en facilitant l’adaptation de solutions aux contraintes spécifiques de l’environnement marin et industriel.

Au fil des éditions, une quarantaine d’entreprises ont déjà été accompagnées, parmi lesquelles Cerbair, D-Ice Engineering, FORSSEA Robotics, Elwave ou encore Neptech, pour ne citer qu’eux

Numérisation, cybersécurité et dualité : les priorités de la nouvelle édition

SEAstart #4 s’aligne sur les grandes feuilles de route du CORIMER et cible des technologies au cœur des transformations actuelles. La numérisation des navires, l’automatisation, la dronisation ou encore la cybersécurité s’imposent comme des axes structurants, au même titre que les enjeux de décarbonation ou de compétitivité industrielle.

Cette édition renforce également la dimension duale des technologies accompagnées : favoriser le développement de solutions capables de répondre à des usages civils et de défense, dans un contexte où les frontières entre ces deux domaines tendent à s’estomper.

Le partenariat avec le programme européen Dual Boost marque une évolution notable du dispositif. Les entreprises sélectionnées bénéficieront d’un accompagnement sur 18 mois, combinant formation, mentorat et accès à des réseaux industriels et institutionnels. L’enjeu n’est plus seulement d’accélérer la croissance des start-up, mais de les inscrire durablement dans la chaîne de valeur maritime.

Du jumeau numérique aux réseaux tactiques : des cas d’usage concrets déjà à l’œuvre

Lors de la précédente édition, plusieurs start-up ont illustré la manière dont des briques numériques viennent s’intégrer au cœur des systèmes maritimes.

Avec ÆGIR, le logiciel devient un véritable outil de pilotage opérationnel. La start-up développe une solution de gestion de mission maritime capable d’orchestrer des dispositifs complexes et multi-agents en mer. Derrière cette approche, une combinaison d’algorithmie et d’intelligence artificielle permet de coordonner des opérations dans des contextes variés, qu’il s’agisse de défense, de sécurité, de recherche ou d’applications industrielles.

Autre illustration, Eyegauge s’inscrit dans la logique du “navire intelligent”. Sa technologie de collecte de données transforme chaque bâtiment en plateforme de données, alimentant une solution unifiée d’optimisation des performances. L’enjeu dépasse la seule supervision : il s’agit d’améliorer l’efficacité des flottes tout en réduisant les émissions de CO2 et la consommation de carburant, en s’appuyant sur des données de haute qualité.

Enfin, dot:dot propose une approche plus infrastructurelle, mais tout aussi stratégique. Sa solution permet de déployer instantanément des réseaux WiFi maillés, à haut débit et totalement isolés, sans infrastructure préalable. Pensés pour des environnements contraints, ces réseaux facilitent des échanges sécurisés de données audio et vidéo entre équipes dispersées, aussi bien sur terre qu’en mer. Une capacité qui trouve des débouchés directs dans la défense, mais aussi dans des secteurs civils comme l’automobile, le bâtiment ou la domotique.

À travers ces exemples, parmi d’autres issus de la précédente édition, c’est une même dynamique qui se dessine : celle d’un numérique embarqué, discret mais structurant, qui transforme en profondeur les opérations maritimes sans jamais se réduire à une simple couche technologique.

Pour rappel, les candidatures sont possibles jusqu’au 27 mai.