Pour la ministre du Numérique et de l’IA Anne Le Hénanff, « les maires doivent être les pilotes de cette transformation », écrit-elle dans une publication LinkedIn datée du 28 juillet. Moderniser les services publics avec l’IA, renforcer la cybersécurité, garantir la souveraineté numérique et accompagner les élus : la ministre y résume les défis qu’elle avait détaillés quelques semaines plus tôt, en clôture du Congrès de Villes de France.
Ancienne première adjointe au maire de Vannes, elle y a détaillé, point par point, sa feuille de route pour les villes moyennes, les communes de 20 000 à 100 000 habitants que fédère Villes de France, relayé dans les colonnes de Paroles d’élus.
Protéger : cybersécurité et majorité numérique
Devant les maires, la ministre a d’abord insisté sur la cybersécurité, rappelant qu’aucune IA ne peut être jugée de confiance sans un haut niveau de sécurité, et que les maires sont pénalement responsables des données détenues par leur commune, selon des propos rapportés par Paroles d’élus. Elle recommande qu’environ 10 % du budget d’une DSI y soit consacré, un arbitrage qu’elle reconnaît difficile à porter politiquement, pour en avoir fait l’expérience elle-même à Vannes.
Elle est également revenue sur l’instauration d’une majorité numérique en France, destinée à protéger les mineurs des effets des algorithmes sur leur santé mentale. Face à un seuil européen fixé à 13 ans mais peu respecté par les plateformes, la France entend imposer un âge minimum de 15 ans, vérifié par un tiers de confiance. Sous réserve de validation par la Commission européenne, la mesure pourrait entrer en vigueur dès septembre 2026.
Moderniser et piloter : IA, souveraineté et inclusion
Sur l’intelligence artificielle, la ministre situe la diffusion de l’IA dans l’économie française à 17 %, contre près de 40 % dans les pays nordiques. Le plan « Oser l’IA » vise à réduire cet écart, en s’appuyant sur 650 ambassadeurs bénévoles déployés sur le territoire, pour des usages concrets comme l’optimisation des tournées de collecte des déchets ou la détection précoce de situations de vulnérabilité sociale.
Sur la souveraineté, elle défend une voie européenne distincte des modèles américain et chinois. Dans les territoires, cette ambition passe par la commande publique : une circulaire cosignée avec David Amiel et Roland Lescure invite les administrations à privilégier les solutions déjà disponibles sur le marché plutôt qu’à les redévelopper en interne. Enfin, sur l’inclusion, elle rappelle que le dispositif des conseillers numériques arrive en fin de trajectoire de financement, et dit travailler avec Roland Lescure et l’ANCT sur le budget 2027 pour le réorganiser sans interrompre l’accompagnement, une vigilance qui rejoint l’appel à « accompagner les élus » formulé dans son post LinkedIn.







