Accueil Europe Android : Bruxelles somme Google d’ouvrir son système aux IA concurrentes

Android : Bruxelles somme Google d’ouvrir son système aux IA concurrentes

La Commission européenne précise ses exigences dans le cadre du Digital Markets Act. En ligne de mire : les capacités clés d’Android, aujourd’hui largement réservées à Gemini, que Bruxelles veut rendre accessibles aux autres services d’intelligence artificielle.

Un accès encore verrouillé aux fonctions clés d’Android

La Commission européenne franchit une nouvelle étape dans son bras de fer avec Google. Dans le cadre d’une procédure engagée en janvier, elle vient de détailler les mesures que le groupe devra mettre en œuvre pour garantir un accès effectif aux fonctionnalités d’Android par des services tiers.

Dans le viseur : des capacités jugées structurantes pour les usages d’intelligence artificielle sur mobile. Aujourd’hui, ces fonctions, entendez l’interaction avec les applications, l’exécution de tâches ou le déclenchement vocal, restent en grande partie réservées aux solutions maison de Google, notamment Gemini.

Les régulateurs européens pointent un déséquilibre qui empêche les services concurrents de fonctionner à un niveau équivalent. L’enjeu dépasse la simple présence d’applications alternatives : il porte sur leur capacité réelle à agir dans le système, envoyer un email, partager une photo ou commander un service depuis le terminal de l’utilisateur.

L’interopérabilité comme condition d’une concurrence réelle

Les mesures proposées visent à rendre ces interactions possibles pour des IA concurrentes, en leur permettant d’accéder aux mêmes briques fonctionnelles que celles utilisées par Gemini. Cela inclut notamment la possibilité pour l’utilisateur d’activer facilement un service alternatif, y compris via un mot-clé vocal personnalisé.

Pour Bruxelles, l’enjeu est d’ouvrir la voie à des expériences intégrées comparables, et non à des solutions périphériques. Les services d’IA doivent pouvoir s’insérer pleinement dans l’environnement Android, interagir avec les applications et exécuter des actions de bout en bout. La Commission insiste également sur la nécessité de préserver la capacité d’innovation d’un écosystème élargi d’acteurs. Les mesures proposées doivent permettre à ces derniers de développer leurs propres services dans des conditions équitables, aux côtés de ceux d’Alphabet.

Google dénonce une remise en cause de son modèle

Face à ces exigences, Google conteste l’approche européenne, lit-on chez Reuters. L’entreprise défend un écosystème Android déjà ouvert, où les fabricants conservent une marge de personnalisation et où les assistants IA peuvent se développer librement. Elle alerte sur les effets potentiels des mesures envisagées : accès à des permissions sensibles, hausse des coûts, risques accrus en matière de sécurité et de protection des données.

Le calendrier est désormais enclenché. Les parties prenantes ont jusqu’au 13 mai pour faire remonter leurs observations, avant une décision finale attendue d’ici fin juillet.

En parallèle, Google a déjà reçu des instructions sur un autre volet du DMA : l’ouverture de ses données de recherche aux acteurs concurrents, y compris les chatbots d’IA. Deux fronts distincts, mais une même logique : contraindre le groupe à desserrer son emprise sur les points d’accès stratégiques de l’économie numérique. Les détails de la communication de la Commission sont disponibles en ligne