Accueil Gouvernance Algorithmes des Caf : la Cnaf mise sur l’ouverture et l’explicabilité

Algorithmes des Caf : la Cnaf mise sur l’ouverture et l’explicabilité

La Cnaf revendique un tournant en matière de transparence algorithmique. Avec la mise en œuvre du modèle DMDE 2026 et la publication de son code source, l’organisme entend répondre aux attentes croissantes autour de l’éthique, de l’explicabilité et du contrôle des outils numériques utilisés dans l’action publique.

Une ouverture assumée sur les algorithmes publics

Dans un contexte de débats récurrents sur l’usage des algorithmes dans les politiques sociales, la Caisse nationale des Allocations familiales formalise une démarche d’ouverture autour de son nouvel algorithme d’aide aux contrôles, le DMDE 2026. L’organisme met en avant une gouvernance dédiée, une charte éthique et, fait notable, la publication en open source du code du modèle. La Cnaf a un double objectif, celui de renforcer l’efficacité des contrôles tout en répondant aux attentes de transparence et de compréhension des mécanismes utilisés pour cibler les dossiers.

Un outil d’aide, pas une décision automatisée

La Cnaf insiste sur le fait que le DMDE 2026 reste un outil statistique d’aide au ciblage. L’algorithme génère un score de risque, utilisé parmi d’autres éléments par les agents, la décision de contrôle restant humaine. Selon l’organisme, moins de 1 % de l’ensemble des contrôles reposent directement sur ce ciblage algorithmique. Le modèle repose sur une méthode volontairement explicable, de type régression logistique, et exclut certaines variables sensibles comme la nationalité, le genre ou le lieu de résidence, afin de limiter les risques de biais.

Une transparence encore rare dans l’action publique

La publication du code source du DMDE 2026 constitue une démarche peu courante dans le secteur public, en particulier pour des outils liés à des politiques de contrôle. Elle permet d’accéder à la liste des variables utilisées, à leurs pondérations et à la logique de calcul des scores. Cette ouverture s’inscrit dans un mouvement plus large de transparence algorithmique, encouragé par les autorités de régulation, mais encore inégalement appliqué selon les administrations. Elle pose aussi la question de la capacité réelle du public et des contre-pouvoirs à s’approprier ces éléments techniques.

Données, confiance et responsabilité

Cette démarche intervient dans un contexte où la gestion des données sociales fait l’objet d’une attention accrue. La Cnaf a récemment rappelé, dans une communication distincte, la solidité de son système d’information face aux rumeurs de cyberattaque, soulignant l’absence de compromission de ses infrastructures et appelant à la vigilance face aux tentatives de phishing. Sans constituer le cœur du sujet, ce rappel illustre un point clé ; la transparence algorithmique ne peut être dissociée de la confiance globale dans la capacité des organismes publics à protéger les données qu’ils exploitent.

Un test de crédibilité à moyen terme

Avec le DMDE 2026, la Cnaf se place dans une position d’exposition volontaire. L’ouverture des algorithmes crée des attentes nouvelles, tant sur la compréhension des critères que sur la cohérence entre discours éthique, pratiques opérationnelles et sécurité des systèmes. Reste désormais à observer comment cette transparence sera utilisée, questionnée et, le cas échéant, ajustée. Pour l’action publique numérique, l’enjeu dépasse largement le seul champ des prestations sociales.