La progression mondiale de l’IA générative se poursuit en 2025, mais les écarts se creusent. Certains pays européens tirent leur épingle du jeu. La France figure parmi les États où l’adoption progresse de façon structurelle, portée moins par l’effet vitrine que par des choix d’infrastructure, de formation et d’usages.
Une croissance globale qui révèle les vraies lignes de fracture
À l’échelle mondiale, près d’une personne sur six utilise désormais un outil d’IA générative. Le chiffre marque une diffusion rapide, mesurée à partir de données agrégées issues de l’écosystème de Microsoft, corrigées pour tenir compte des disparités d’accès au numérique.
Mais la moyenne masque un phénomène plus profond. L’adoption progresse nettement plus vite dans les économies déjà fortement numérisées. À la fin de 2025, près d’un quart de la population active des pays du Nord utilise ces outils, contre un peu plus de 14 % dans les pays du Sud. L’écart n’est plus conjoncturel, il devient structurel.
La France dans le groupe des pays qui transforment l’essai
La France apparaît dans le groupe restreint des pays européens qui maintiennent une dynamique d’adoption soutenue. Elle figure aux côtés de l’Irlande, de la Norvège ou de l’Espagne parmi les États où l’IA générative s’installe durablement dans les usages liés au travail et aux activités courantes.
Le facteur clé n’est pas la course aux modèles de pointe, mais la combinaison d’infrastructures numériques matures, d’un socle de compétences en progression et d’une intégration progressive de l’IA dans les organisations. Autrement dit, une approche moins spectaculaire que celle des leaders mondiaux, mais plus régulière. Le contraste est frappant avec les États-Unis, qui dominent l’innovation technologique mais reculent dans le classement des usages, preuve que la puissance industrielle ne suffit pas à généraliser l’adoption.
Quand la politique d’usage fait la différence
L’exemple sud-coréen, souvent cité, éclaire en creux la trajectoire française. La Corée du Sud a gagné plusieurs places en un an en articulant politiques publiques, modèles linguistiques adaptés et services concrets pour les citoyens. L’IA y est déployée dans les écoles, les administrations et les entreprises, au point de devenir un marché prioritaire pour OpenAI.
La France suit une logique comparable, à une autre échelle. L’IA progresse là où elle répond à des besoins identifiés, et non comme un objet expérimental. « L’adoption repose moins sur la fascination technologique que sur la capacité à intégrer l’IA dans des processus existants », souligne un observateur du secteur.
L’accessibilité, nouvel enjeu stratégique
Un autre signal fort de 2025 vient de la montée en puissance de DeepSeek. En misant sur l’open source et la gratuité, la plateforme a accéléré l’adoption dans des régions longtemps tenues à l’écart des grands fournisseurs occidentaux. Son succès en Afrique, soutenu par des partenariats industriels avec Huawei, montre que l’accès à l’IA devient un instrument d’influence à part entière.
La bataille ne se joue pas uniquement sur la souveraineté des modèles, mais sur la capacité à proposer des solutions accessibles, encadrées et adaptées aux réalités locales.
Une adoption discrète, mais stratégique
La trajectoire française ne fait pas les gros titres, mais elle dessine une voie intermédiaire entre dépendance technologique et déploiement massif non maîtrisé. À mesure que l’IA générative s’impose comme un outil de travail standard, l’enjeu n’est plus de prouver sa pertinence, mais d’éviter que sa diffusion ne reproduise les fractures numériques existantes.
La prochaine étape sera décisive : transformer cette adoption en gains mesurables, sans céder à une logique de rattrapage précipité.








