La « SaaSpocalypse » annoncée ne s’est pas produite : l’IA argentique n’a pas remplacé le logiciel. Mais elle a certainement contribué, alliée au contexte économique global, à ralentir sa croissance. Le panorama de l’édition française de logiciels, que représente le TOP 250 des éditeurs, réalisé par Numeum et EY, était présenté le 4 novembre. Il montre une croissance de 5,2% en 2025, contre 8,9% en 2024, hors jeu vidéo. Et une augmentation de 4% des effectifs, contre +12% l’année précédente.
Jeu vidéo inclus, le secteur a réalisé en 2025 un CA de 22,4 milliards d’euros, en croissance de 2,4% seulement. Ce tassement est dû à l’impact de la chute des éditeurs de jeu vidéo : -19%.
Ce chiffre global cache des disparités importantes en fonction des catégories d’éditeurs :
- En 2025, les éditeurs « sectoriels »pèsent 14,1 milliards d’euros, soit 63% du CA du panel. La moitié de ce chiffre est représenté par les deux poids lourds que sont Dassault et Critéo. Leur croissance est de 3% en 2025, contre 5% en 2024.
- Le ralentissement de la croissance est encore plus marqué chez les éditeurs « horizontaux », qui passe de 23% en 2024 à 11% en 2025. La croissance est portée notamment par certains piliers de cette catégorie qui surperforment comme Cegid (+19 %).
Priorités : IA agentique et cybersécurité
80 % des éditeurs ont désormais intégré des fonctionnalités d’IA dans leurs solutions, contre 61 % dans l’édition précédente, et 13 % le prévoient dans les douze prochains mois.
L’intelligence artificielle devient la première priorité technologique des éditeurs de logiciels français, passant devant le cloud / SaaS qui occupait cette position depuis plusieurs années. Les agents autonomes et l’IA agentique sont désormais cités comme priorité numéro un par 48 % des répondants (+16 points par rapport à l’année dernière).
La cybersécurité est citée par 54% des éditeurs comme une des 3 principales technologies en priorité.
Le SaaS représente 67% du CA

« Le marché est passé en quelques mois de la peur de la disparition du SaaS à une question plus intéressante : comment va-t-il se transformer avec l’IA ? L’étude apporte un premier repère : le SaaS représente désormais 67 % du chiffre d’affaires édition du panel. L’abonnement reste le mode de contractualisation privilégié, aujourd’hui comme dans les intentions futures. Le SaaS ne disparaît pas. Il entre dans une nouvelle phase de son histoire. » explique Jean-Philippe Couturier, président du Collège Editeurs de Numeum.
51% des éditeurs prévoient d’augmenter leurs effectifs
Le sujet du recrutement reste un sujet brûlant, tant l’IA accroît la productivité, en particulier pour les développeurs, lesquels représente une part importante du personnel des éditeurs. Les intentions de recrutement demeurent cependant fortes: 51% des éditeurs, mais en repli par rapport à 2024 (62%).
En 2024, les éditeurs prévoyaient d’embaucher en priorité des développeurs. La priorité devient, en 2025, pour 64% des éditeurs des spécialistes IA et data.
Les responsables de Numeum, lors de la présentation du Top 250, ont plaidé la cause du recrutement des jeunes. “Il ne faut pas que les étudiants aient peur d’entrer dans les écoles d’informatique. Nous ne voulons pas envoyer de message qui les décourage”, a insisté Jean-Philippe Couturier. Selon lui, un frein majeur au recrutement des juniors et au recours au stagiaires a été, avant même le recours à l’ IA, le phénomène du télétravail, rendant difficile leur intégration.
Le recrutement des jeunes reste une priorité
Mehdi Houas, président de Numeum a déclaré que le recrutement des jeunes était “de la première importance, sur le dessus de la pile de nos préoccupations”. Il faut en effet prévoir la relève: “si nous décourageons les jeunes, nous le paieront dans 24 ou 36 mois”.
M. Houas nous a révélé à cette occasion qu’il avait contacté le CIGREF, qui représente les “clients des éditeurs”, pour qu’ils intègrent des jeunes. Des discussions , en vue d’un groupe de travail se déroulent ainsi, entre Numeum et le Cigref. Affaire à suivre.











