Selon une étude commandée par Everpure, 93 % des organisations interrogées estiment qu’un échec en matière de souveraineté des données entraînerait un risque financier ou réputationnel important. Pourtant, les stratégies et les mesures de préparation restent souvent incomplètes.
La souveraineté des données est une préoccupation pour les entreprises françaises, mais elle ne se traduit pas toujours par une préparation opérationnelle. C’est le principal décalage relevé par le volet français du Global Data Sovereignty Report 2026, réalisé par Vanson Bourne pour Everpure auprès de 300 organisations.
Si 93 % des répondants associent un échec en matière de souveraineté à un risque financier ou réputationnel important, 58 % ne disposent pas de stratégie formelle sur le sujet. Par ailleurs, 62 % déclarent ne pas avoir de visibilité et de contrôle complets sur les personnes qui peuvent accéder à leurs données, les contrôler ou les gérer. La même proportion n’a pas de stratégie d’atténuation des risques d’exfiltration liés aux tensions géopolitiques ou aux interruptions de service. Les initiatives engagées restent principalement orientées vers les risques immédiats. Les cyberattaques et les fuites de données sont citées comme moteurs des démarches de souveraineté par 41 % des entreprises, devant l’adoption de l’IA (39 %) et les nouvelles obligations réglementaires (33 %). La protection contre les demandes d’accès de gouvernements étrangers n’est une priorité majeure que pour 7 % des répondants. Seuls 11 % déclarent vouloir réduire en priorité leur dépendance à des fournisseurs technologiques étrangers.
« La souveraineté ne concerne pas uniquement le lieu où les données sont stockées », déclare Alex McMullan, Chief Technology Officer, International chez Everpure. Il invite les organisations à examiner aussi les accès, les juridictions applicables et les risques d’interruption des données ou services essentiels.
L’étude montre également que les entreprises sont prêtes à faire des arbitrages : 81 % accepteraient de renoncer à certaines fonctionnalités avancées pour travailler avec un fournisseur cloud local ou souverain. 37 % ont déjà transféré la majorité ou la totalité de leurs données vers des infrastructures locales ou souveraines. Cette part pourrait atteindre 53 % au cours des trois prochaines années.
Pour Rahiel Nasir, Research Director et Lead Analyst, Worldwide Digital Sovereignty chez IDC, le sujet dépasse désormais la conformité. Les dirigeants doivent aussi maîtriser les accès et les transferts de données, y compris ceux portant sur les métadonnées, et prendre en compte les risques liés aux fournisseurs et aux incertitudes géopolitiques. Everpure recommande d’intégrer les règles de souveraineté dès la conception des architectures, en adaptant les contrôles au niveau de risque des données, des applications et des charges de travail. L’étude française repose sur les réponses de 300 organisations.






