Accueil Agent IA Le radar des solutions – Semaine du 19 octobre

Le radar des solutions – Semaine du 19 octobre

Après avoir laissé entrer les agents IA dans l’entreprise, les éditeurs s’emploient à les encadrer avec des droits temporaires, l’inventaire des postes développeurs et un contexte partagé. Cette semaine, la souveraineté gagne aussi le navigateur, le smartphone et même l’ADN. On fait le point sur les solutions numériques de la semaine. 

Des agents sous contrôle

Microsoft donne le ton. Avec Dynamic Permissions, un agent dispose de ses propres autorisations, limitées à une tâche et à une durée, au lieu d’hériter de tous les droits de l’utilisateur. Dynamic Agent Risk et Dynamic Conditional Access évaluent ensuite son comportement en continu. Selon le niveau de risque, ils peuvent restreindre ses accès, exiger une validation humaine ou l’arrêter. La détection couvre désormais 60 types d’agents locaux, dont Claude Code, OpenAI Codex et GitHub Copilot. Dans le Projet Perception, des Guardian Agents surveillent même les autres agents, selon des seuils fixés par des humains.

JFrog pousse l’inventaire jusqu’au poste du développeur. Les skills, plugins et serveurs MCP y arrivent par Git, par Slack ou dans de simples fichiers zip, souvent hors de vue des équipes sécurité. Local Shadow AI Detection les repère sur la machine et les analyse sur place. Seuls des métadonnées et un score de risque remontent vers la plateforme. L’analyse peut aussi tourner avec la propre clé LLM du client (BYOK). « La question n’est plus de savoir si les agents toucheront votre chaîne d’approvisionnement, mais si vous pouvez prouver ce qu’ils ont touché », résume Shlomi Ben Haim, CEO de JFrog.

Zimperium et Sekoia relient leurs solutions côté SOC. La télémétrie de Mobile Threat Defense alimente désormais la plateforme SOC autonome de Sekoia. Ses agents IA la corrèlent avec les autres alertes du système d’information. Longtemps traitées à part, les menaces mobiles rejoignent ainsi le contexte global d’une attaque, et les analystes gardent la main sur les décisions d’intervention.

Donner du contexte aux agents

Encore faut-il que les agents comprennent ce qu’ils manipulent. Neo4j lance Context Engine, une couche de connaissances partagée construite sur les graphes. Son modèle Business Ontology, organisé en six couches, cartographie l’organisation, les processus, les données et les ressources d’IA. Les ontologies se construisent à partir de sources comme Databricks ou Snowflake et s’administrent dans Context Studio. Le module Context Memory dote enfin les agents d’une mémoire persistante qui garde la trace de leurs raisonnements.

Workday, lui, va chercher les collaborateurs là où ils travaillent. Ses agents RH et finance Sana deviennent accessibles depuis Claude, Gemini Enterprise, Microsoft Copilot, Teams et Slack, grâce à une connexion unique. Avant d’agir, Sana vérifie les droits d’accès, les règles métier et les circuits de validation, sans ouvrir les données aux outils tiers. Après un déplacement, par exemple, il signale dans Claude une dépense non déclarée et prépare la note de frais. Sana est en accès anticipé dans Claude Cowork et arrivera sur les autres plateformes fin 2026.

La souveraineté jusqu’au bout de la chaîne

Avec la version 18.2 de sa plateforme de visioconférence, Tixeo apporte le post-quantique au navigateur. L’échange de clé de chaque réunion combine désormais X25519 et ML-KEM-768. Ce mode hybride, conforme au référentiel ANSSI-PG-083, protège l’audio, la vidéo, le partage d’écran, le chat, les fichiers et les Workspaces. La protection s’applique dès que tous les participants sont connectés depuis un navigateur en version 18.2, sans rien installer. L’application mobile puis le client natif suivront.

Synacktiv ouvre REVEL·IO SCAN au secteur privé. Sa technologie d’extraction mobile a déjà été installée une trentaine de fois auprès de polices, de services de justice et d’armées européennes. Elle se décline maintenant pour les OIV, les entreprises de la BITD, les CERT et les experts judiciaires. Une différence de taille : cette version ne déverrouille rien et exige le mot de passe communiqué par le détenteur du téléphone. L’extraction se fait hors ligne, et chaque utilisateur doit obtenir sa propre autorisation auprès de l’ANSSI.

Biomemory, qui a repris cette année les actifs de Catalog, lance son premier produit commercial, DNA Shield. Le service encode des données préalablement chiffrées par le client dans de l’ADN synthétique conservé hors ligne. Il vise les clés cryptographiques, les secrets industriels et les registres réglementés.

Dans la santé, Clinityx obtient de la CNIL une autorisation de dix ans pour LINK, la nouvelle génération du réseau THIN. Cet entrepôt de données de soins primaires couvre sept pays européens et sera chaîné au SNDS en France. Il est hébergé sur cegedim.cloud, qualifié SecNumCloud.

Faire durer l’existant

Red Hat élargit sa présence sur Oracle Cloud Infrastructure. RHEL est désormais proposé directement dans la console OCI et peut être payé en Oracle Universal Credits. Ansible Automation Platform, OpenShift et OpenShift Virtualization arrivent sur Oracle Marketplace.

Evernex prolonge la vie des équipements que les constructeurs ne supportent plus. Les gammes HPE Synergy et Apollo, les serveurs Lenovo ThinkSystem ST50 et les routeurs Cisco 819 entrent dans son périmètre de tierce maintenance. Leurs fins de support s’échelonnent entre novembre 2026 et janvier 2027. Le groupe s’appuie sur un stock de plus de 3,4 millions de pièces détachées.

Sogelink fait évoluer Land2Map NG 2027, sa solution de topographie sur tablette. Un fichier DWG unique réunit désormais le dessin, le carnet terrain et les données SIG. Les plans réalisés avec les versions précédentes restent compatibles.

Enfin, Hermitage Solutions crée Hermitage Consulting pour accompagner ses partenaires vers les modèles MSP et MIP (Managed Intelligence Provider). L’accompagnement va de l’audit au pilotage et s’appuie sur la plateforme maison MSPilotage.