Après les pillages de samedi en marge de la manifestation, des objets volés ont été mis en vente sur des sites de seconde main, parfois dès le soir même. Le gouvernement a réuni les plateformes concernées. Il leur demande de retirer les annonces sans délai et d’aider la justice à poursuivre les revendeurs. Interrogés par franceinfo, Vinted et Leboncoin mettent en avant leurs contrôles et leur coopération avec les autorités.
Des butins en vente dès le soir des pillages
La revente a commencé très vite. Selon franceinfo, des internautes ont repéré dès le soir du samedi 17 octobre des annonces proposant des objets volés lors des pillages, notamment sur Vinted et Leboncoin. Certaines ne cherchaient même pas à cacher leur origine. L’une d’elles était ainsi intitulée “Maquillage du 17 octobre pas cher”. D’autres annonces publiées sur Vinted le jour même proposaient des articles issus des magasins pillés, ou en réclamaient. Franceinfo a aussi relevé des objets volés proposés sur Snapchat. Les places de marché classiques ne sont donc pas les seules concernées.
Les plateformes réunies avec l’Intérieur et la Justice
L’exécutif a réagi dimanche 19 octobre. Sur X, Anne Le Hénanff constate que “des articles volés ce week-end sont proposés à la vente sur certaines plateformes”. Elle prévient que “de tels comportements ne resteront pas impunis”. Avec Serge Papin, elle annonce réunir les plateformes concernées le jour même, en présence de représentants des ministères de l’Intérieur et de la Justice. Le choix des participants en dit long sur l’approche de l’État. Le sujet ne relève plus seulement de la modération de contenus, mais de l’ordre public et des poursuites pénales.
Le gouvernement formule deux exigences. Les plateformes doivent d’abord retirer les annonces “sans délai” Elles devront ensuite collaborer étroitement avec les services de l’État pour que les revendeurs soient poursuivis. La première demande porte sur la réactivité. La seconde fait des places de marché un appui des enquêteurs.
Contrôles automatisés, modération et réquisitions
Les plateformes n’ont pas attendu la convocation pour se positionner. Contactée par franceinfo, Vinted rappelle que “la vente de biens volés, ou leur sollicitation, est strictement interdite”. Elle dit appliquer “une tolérance zéro” envers les contrevenants. Ses équipes ont, selon elle, agi dès le week-end pour repérer et supprimer les annonces susceptibles de concerner des biens volés, et le contrôle des annonces suspectes a été renforcé. “Nous collaborons activement avec les forces de l’ordre et les autorités françaises”, assure la plateforme. Elle ajoute qu’elle adapte en permanence ses processus face aux nouveaux comportements malveillants. Les comptes en infraction s’exposent à des sanctions qui peuvent aller “jusqu’au bannissement définitif”.
Leboncoin met en avant son dispositif. Selon la plateforme, “100% des annonces déposées” sont soumises à des contrôles automatisés avant leur mise en ligne. Des équipes dédiées à la modération examinent ensuite les signalements et retirent, si nécessaire, les annonces litigieuses ou suspectes. Leboncoin s’engage aussi à coopérer pleinement avec les autorités, “dans le respect du cadre légal applicable”. Il cite notamment son service chargé de traiter les réquisitions judiciaires et administratives.
Ce dernier point est sans doute le plus important. Retirer une annonce efface la vitrine, mais pas le vendeur. Pour que les revendeurs soient poursuivis, comme le demande le gouvernement, les plateformes devront transmettre aux enquêteurs les données qui permettent de les identifier. Leurs filtres automatisés, eux, auront du mal à repérer un parfum ou une console issu d’un pillage quand le vendeur ne l’indique pas.






