Accueil Agent IA Le radar des solutions numériques – Semaine du 12 octobre 2026

Le radar des solutions numériques – Semaine du 12 octobre 2026

Cette semaine, les agents IA prennent leur poste au SOC, à l’astreinte ou à la comptabilité fournisseurs. Pendant que certains éditeurs les déploient, d’autres proposent de les repérer, les surveiller et, au besoin, annuler ce qu’ils ont fait.

Elastic met ses agents de garde

Elastic ouvre le bal avec deux lancements. Le premier, AlertZero, installe dans Elastic Security une équipe d’agents baptisés « Watches », chacun avec son domaine. TriageWatch qualifie les alertes et clôture les faux positifs en justifiant chaque décision. HuntWatch chasse les menaces en continu. DetectionWatch propose de nouvelles règles, sans en modifier aucune sans approbation. ForensicsWatch prend le relais sur l’analyse de malwares. Les analystes choisissent ce qu’ils délèguent. Proposé en Technical Preview, l’outil fonctionne avec n’importe quel modèle, sur Elastic Cloud, en self-managed ou en environnement air-gapped.

Le second, Nightshift AI SRE, transpose cette logique à l’observabilité. L’agent surveille toute la stack et teste en parallèle plusieurs hypothèses de cause racine. Il relie aussi la télémétrie au code GitHub pour désigner le commit probablement fautif, et il apprend de chaque incident clos. Il est disponible en Private Preview, gratuitement pour les clients existants pendant l’accès anticipé

Garder un œil sur les agents

Encore faut-il savoir quels agents circulent dans l’entreprise. Sophos rend disponible AI Defense, qui repère les outils d’IA utilisés, y compris ceux que personne n’a jamais approuvés. La solution croise pour cela les signaux des terminaux, du réseau, des identités et des navigateurs. Des garde-fous inspectent en temps réel les prompts et les téléversements, et l’activité remonte dans Sophos Fusion pour les équipes XDR et les analystes MDR.

Veeam s’attaque au même angle mort côté données. Veeam Intelligent ResOps pour Microsoft 365 est désormais disponible en module de Veeam Data Cloud. Il identifie Copilot et les agents, connus ou non, les données sensibles auxquelles ils accèdent et les fichiers qu’ils ont modifiés. Ces modifications peuvent être annulées fichier par fichier. Pour Anand Eswaran, le CEO de Veeam, il faut désormais à la fois « un point de restauration et une carte de restauration ». Des préversions privées couvrent aussi Veeam Data Platform et Okta. Pour Okta, la solution crée des points de restauration immuables sur 29 types d’objets.

Rubrik, lui, teste le code. Rubrik Code Guardian, en préversion privée dans le cadre du projet Hourglass, fait tourner Claude Mythos 5 d’Anthropic sur une copie isolée et déconnectée des dépôts clients. Il y repère des chaînes d’attaque en plusieurs étapes, vérifie qu’elles sont réellement exploitables, puis les classe par priorité. AHEAD, Trace3 et WWT rejoignent l’alliance.

L’hyperviseur et Kubernetes se blindent

Broadcom descend jusqu’à l’hyperviseur avec VMware HyperArmor pour VMware Cloud Foundation. La solution cible le vol d’identifiants root et les vulnérabilités non corrigées, à l’origine de la plupart des attaques contre les hyperviseurs. Elle repose sur trois mécanismes : des correctifs virtuels appliqués sans redémarrage ni mise à jour, une exécution limitée aux éléments autorisés sur l’hôte, sans agent dans les VM, et une MFA sur les connexions SSH à ESX.

Enix lance Secure Managed Kubernetes (SMK), qui couvre toute la plateforme jusqu’aux nœuds applicatifs. Les offres des hyperscalers s’arrêtent surtout au control plane. Bâtie sur Talos Linux, un OS immuable, l’offre se déploie dans les datacenters français d’Enix, chez le client ou chez le cloud de son choix, et reste réversible. L’Institut Pasteur, Oodrive, Sellsy et Foussier l’utilisent déjà en production.

Infrastructures IA : plus de tokens, plus de contexte

Côté silicium, Microsoft dévoile Maia 300, moins d’un an après Maia 200. Le système promet 40 % de tokens supplémentaires par mégawatt. En configuration de 96 accélérateurs, il offre jusqu’à sept fois le débit de Maia 200 à l’échelle du rack. Maia 300 devient le principal système d’inférence des services Microsoft, avec des déploiements de plusieurs gigawatts prévus à partir de 2027.

Dell estime que le frein se situe ailleurs. « Des données dépourvues de contexte ne sont que du bruit », tranche Arthur Lewis, président de l’Infrastructure Solutions Group. La Dell AI Data Platform gagne une couche sémantique unifiée, un graphe de connaissance d’entreprise et des Knowledge Agents spécialisés par domaine, qui restent tous dans le datacenter du client. Accéléré par NVIDIA cuDF, le moteur de traitement est près de quatre fois plus rapide en moyenne qu’avec le seul CPU. PowerScale accepte par ailleurs jusqu’à 500 locataires par cluster.

À Paris, Synology a réuni plus de 300 partenaires et clients pour son Solution Day. Plusieurs nouveautés y ont été présentées. ActiveProtect Manager 2.0 détecte les anomalies dans les sauvegardes grâce à l’IA. Le PAS7700 est un système de stockage 100 % flash. Côté vidéosurveillance, la recherche se fait désormais en langage naturel. DSM Agent, enfin, est un assistant IA pour les administrateurs.

Achats et logistique pilotés par l’IA

Onventis présente ONIX, un système d’exploitation IA pour le Source-to-Pay, à l’occasion de sa conférence Xchange à Heilbronn. Les utilisateurs métier passent par ONIX Cowork. Les administrateurs choisissent modèles et sources dans ONIX Studio. La Control Tower supervise les autorisations et les opérations autonomes. Premier partenaire branché sur ONIX, le danois Kaunt apporte l’extraction de factures et l’imputation comptable assistées par IA. La bêta démarre en octobre, avant une disponibilité plus large au premier trimestre 2027.

Tesisquare, enfin, lance Platform 8.0 pour la supply chain. La plateforme passe à une architecture en microservices, et les configurations clients y sont gérées comme des données plutôt que comme du code. Le module de planification choisit les transporteurs selon le coût, le niveau de service et l’empreinte carbone. Tesisquare Network, un réseau gratuit pour clients et fournisseurs, prépare le terrain au passeport numérique produit.