En rebaptisant l’intelligence artificielle « super intelligence » à la tribune de l’ONU, Donald Trump a involontairement offert une publicité inespérée à l’extension internet de la Slovénie. Les demandes d’enregistrement en .si s’envolent, mais le registre slovène tempère les fantasmes de pactole et presse surtout les marques de réserver leur domaine.
Exit “l’artificiel”
Après le golfe du Mexique devenu ” golfe d’Amérique ” et le lac Ontario rebaptisé ” lac Amérique “, c’est au tour de l’IA de changer de nom. Le 22 septembre, devant l’Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump a annoncé que le gouvernement américain parlerait désormais de super intelligence dans ses communications officielles, un terme qui ” sonne beaucoup mieux ” et serait selon lui bien plus exact. Le président américain, qui espère voir le reste du monde l’adopter, en a profité pour réaffirmer son opposition ferme à toute régulation de la technologie, au moment où plusieurs dirigeants réclament au contraire des garde-fous contraignants.
3 700 domaines par jour, contre 3 500 par mois
L’affaire avait en réalité commencé quelques jours plus tôt. Le 19 septembre, Donald Trump avait soumis sur les réseaux sociaux plusieurs appellations alternatives, dont ” Superior Intelligence “. La discussion a aussitôt attiré l’attention du public et de la communauté tech, et les spéculations sur l’effet de ce nouveau sigle sur .si, l’extension nationale de la Slovénie, n’ont pas tardé.
Elles se sont vite traduites en chiffres. Sur tout le mois d’août, environ 3 500 domaines en .si avaient été enregistrés. Depuis le discours à l’ONU, le registre slovène en enregistre en moyenne 3 700 par jour, et le total dépasse désormais les 220 000. Klara Herman, porte-parole de Register.si, a confirmé à l’AFP une hausse marquée mais stable des demandes. Malgré l’afflux sur l’ensemble de ses systèmes, le registre assure que tous ses services fonctionnent sans accroc, tout en promettant de surveiller de près la situation et de prendre des mesures si nécessaire. Son activité est d’ailleurs encadrée, entre autres, par la loi slovène sur la sécurité de l’information, qui fait du fonctionnement sûr, stable et fiable du domaine national sa mission première.
Pas de pactole, mais un conseil pour les marques
L’organisme calme en revanche les espoirs de fortune. Les spéculations médiatiques sur des gains se chiffrant en milliards pour la Slovénie n’ont, selon lui, aucun fondement. Et pour cause : Register.si ne vend pas de domaines en direct. L’enregistrement passe par quelque 90 bureaux d’enregistrement slovènes et étrangers, qui paient tous le même tarif de 10 euros par domaine. Le prix final facturé aux titulaires dépend de la politique de chacun de ces intermédiaires. L’organisme rappelle dans un post LinkedIn qu’il n’a aucune prise dessus.
Il glisse en revanche une recommandation qui ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd : les détenteurs de marques, de slogans ou de raisons sociales qui ne possèdent pas encore de domaine en .si sont invités à l’enregistrer au plus vite.








