Après plusieurs années de développement, Rhea1 arrive enfin chez l’intégrateur qui doit le faire travailler dans JUPITER. SiPearl a livré les premiers exemplaires de son processeur européen à Bull, qui a commencé leur intégration dans sa plateforme BullSequana XH3000 destinée au module CPU du supercalculateur exascale installé à Jülich, en Allemagne. Une étape encore intermédiaire, mais beaucoup plus concrète que les démonstrations et annonces qui ont accompagné le projet jusqu’ici.
Les premiers Rhea1 sont désormais chez Bull
SiPearl a livré le 22 septembre les premiers échantillons de Rhea1 à Bull, qui a commencé leur intégration sur sa plateforme BullSequana XH3000. Le processeur doit équiper le cluster CPU de JUPITER, le premier supercalculateur exascale européen, détenu par EuroHPC et exploité par le Jülich Supercomputing Centre. La machine fonctionne déjà avec ses autres modules, mais la partie équipée de Rhea1 n’est pas encore en service.
Le passage est important pour SiPearl, qui avait jusque-là surtout montré des prototypes et des démonstrateurs. Une démonstration publique de Rhea1 avait notamment été organisée début août à Cambridge, mais la livraison à Bull marque le début du travail d’intégration dans une plateforme destinée à être réellement exploitée.
Un CPU européen, fabriqué à Taïwan
Rhea1 a été conçu en Europe par SiPearl dans le cadre de l’European Processor Initiative, avec l’ambition de fournir une brique européenne aux futures infrastructures de calcul intensif. Le processeur embarque 80 cœurs Arm Neoverse V1, plus de 61 milliards de transistors, quatre piles de mémoire HBM intégrées, des interfaces DDR5 et 104 lignes PCIe Gen5. SiPearl le présente comme le processeur serveur le plus complexe jamais conçu en Europe.
La souveraineté revendiquée reste néanmoins partielle, puisque la puce est fabriquée chez TSMC à Taïwan. Le projet cherche surtout à rapatrier en Europe la conception du processeur, son architecture et son intégration dans les grands systèmes de calcul, alors que la fabrication des puces avancées reste largement dépendante de fondeurs asiatiques.
JUPITER devient enfin son premier terrain de jeu
Rhea1 doit désormais passer par les étapes d’intégration, de validation et de qualification avant de rejoindre effectivement le cluster CPU de JUPITER. Sa disponibilité générale est annoncée pour la fin de l’année 2026. JUPITER sert ici de première vitrine grandeur nature. Le supercalculateur allemand a franchi le seuil exascale en 2025 et reste l’un des projets phares du programme EuroHPC. L’arrivée de Rhea1 ne remplace pas l’ensemble de la machine, mais ajoute un module CPU européen à une infrastructure qui reposait jusqu’ici sur d’autres architectures.








