Meta prépare un nouveau câble sous-marin de près de 7 000 kilomètres entre les États-Unis et la France. Baptisé Petal, il doit entrer en service en 2029 avec une capacité annoncée de 1 pétabit par seconde, soit deux fois celle des câbles transatlantiques les plus avancés aujourd’hui, sans hausse proportionnelle de la puissance ou de l’infrastructure physique nécessaire.
Une même fibre, mais plusieurs chemins pour le signal
Petal doit utiliser une technologie encore inédite sur une liaison transocéanique commerciale de cette longueur. Au lieu de faire circuler le signal dans un seul cœur optique, Meta, NEC et Sumitomo Electric Industries vont utiliser une fibre à deux cœurs, ce qui permet de doubler la capacité sans multiplier dans les mêmes proportions les câbles posés au fond de l’océan.
NEC précise que le système comptera 24 paires de fibres, toutes basées sur cette architecture multi-cœurs, soit 48 paires de cœurs au total. Meta sera propriétaire du câble et doit en assurer l’exploitation. L’entreprise annonce ainsi une capacité totale de 1 pétabit par seconde, soit 1 000 térabits par seconde. Meta présente Petal comme le premier système sous-marin à atteindre ce niveau sur une distance transocéanique, avec une capacité deux fois supérieure à celle des câbles les plus performants actuellement en service.
Orange préparera l’arrivée du câble sur la côte française
Le câble doit arriver sur la façade atlantique française, où Orange accompagnera son atterrage. Meta n’a pas encore détaillé publiquement le site exact retenu. Ce type d’opération ne consiste pas simplement à faire sortir une fibre de l’eau. Le câble doit rejoindre une station terrestre, être raccordé aux équipements de transmission puis aux réseaux terrestres capables d’acheminer le trafic vers les data centers et les grandes dorsales européennes.
Orange intervient déjà sur ce type d’infrastructure et prend en charge, sur d’autres projets, l’atterrage des câbles, l’hébergement des équipements et les raccordements terrestres. Dans le cas de Petal, Meta se contente pour l’instant d’indiquer qu’il travaille avec l’opérateur français sur les modalités d’arrivée du câble.
Meta dit avoir déjà investi dans plus de vingt projets de câbles sous-marins à travers le monde. Avec Petal, le groupe pousse surtout beaucoup plus loin la quantité de données qu’il espère faire circuler dans une seule infrastructure, à un moment où le trafic intercontinental continue de croître avec le cloud, la vidéo et les usages liés à l’IA.
La mise en service n’est prévue qu’en 2029. D’ici là, le pétabit reste une capacité annoncée sur le papier, même si l’architecture choisie et les partenaires industriels du projet sont, eux, déjà identifiés.








