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La France met 80 millions d’euros pour former les actifs à l’IA

Avec « Impulsion IA 2027 », le gouvernement veut faire entrer l’intelligence artificielle dans la formation professionnelle ordinaire. Plus de 80 millions d’euros seront mobilisés au cours de l’année à venir pour toucher plus de 30 millions de personnes, des salariés aux demandeurs d’emploi en passant par les apprentis et les petites entreprises. Le plan prévoit des formations, une certification d’État, une évolution des titres professionnels et de nouveaux outils destinés aux entreprises.

Faire entrer l’IA dans les formations déjà existantes

Présenté le 22 septembre à Station F, Impulsion IA 2027 rassemble douze mesures destinées à accélérer la montée en compétences autour de l’intelligence artificielle. Le ministère du Travail part d’un constat assez simple. Les usages progressent vite dans les entreprises, mais la formation ne suit pas partout au même rythme. Les écarts restent importants selon la taille des structures, les métiers ou encore le niveau de qualification des salariés.

Plutôt que de créer un système entièrement séparé, le gouvernement veut intégrer davantage l’IA dans les dispositifs déjà en place. Une plateforme d’acculturation doit être lancée, une certification d’État consacrée aux compétences liées à l’IA est prévue et plusieurs titres professionnels doivent être révisés pour y intégrer ces nouveaux usages.

Le CPF fait également partie du dispositif. Le ministère veut y faire évoluer l’offre de formation afin que les compétences liées à l’IA apparaissent plus clairement dans les parcours proposés aux actifs.

Salariés, apprentis et demandeurs d’emploi sont tous concernés

Le plan ne vise pas uniquement les salariés déjà en poste. Les CFA doivent eux aussi être mobilisés, notamment pour les apprentis qui se dirigent vers les métiers du numérique ou vers des secteurs où l’IA prend une place croissante. Les demandeurs d’emploi entrent dans le même dispositif, avec l’idée de s’appuyer sur la formation professionnelle existante plutôt que de construire une filière parallèle dédiée à l’intelligence artificielle.

C’est aussi ce qui explique l’écart entre l’enveloppe annoncée et le nombre de personnes visées. Les 80 millions d’euros ne serviront pas à financer une formation longue pour chacun des 30 millions d’actifs concernés. Ils doivent surtout permettre de produire des contenus, faire évoluer les certifications, adapter les parcours et financer les outils qui pourront ensuite être diffusés beaucoup plus largement. 

Suivre aussi ce que l’IA change dans les métiers

Le gouvernement prévoit enfin la création d’un Observatoire de l’impact de l’IA sur le monde du travail. Chercheurs, experts et partenaires sociaux doivent y suivre les effets de ces outils sur les métiers, les tâches, l’emploi et les conditions de travail. Les branches professionnelles seront également sollicitées pour repérer les secteurs où les transformations sont les plus rapides et identifier les compétences qui risquent de devenir insuffisantes ou, au contraire, plus recherchées.

Le plan ne consiste donc pas seulement à apprendre aux salariés à utiliser de nouveaux outils. Il cherche aussi à suivre la manière dont ces outils déplacent les tâches et redessinent peu à peu certains métiers. Les 80 millions d’euros doivent servir à accélérer cette adaptation, sans attendre que les usages se soient déjà installés partout.