Accueil Administration/Réseau À Lille, une fuite de vapeur fait fondre le réseau télécom d’Orange

À Lille, une fuite de vapeur fait fondre le réseau télécom d’Orange

Depuis 2023, des fuites sur le réseau de chaleur de la métropole lilloise s’invitent jusque dans les ouvrages souterrains d’Orange. La chaleur a fini par déformer et faire fondre une partie des protections entourant les câbles, avec à la clé des coupures qui ont touché plusieurs centaines de particuliers, d’entreprises et d’administrations.

Des températures supérieures à 50 °C dans les chambres télécoms

Les premiers signes sont repérés au printemps 2023, lorsque les équipes d’Orange constatent une présence anormale de vapeur très chaude dans une chambre souterraine utilisée pour faire passer ses réseaux cuivre et fibre. Les perturbations commencent quelques mois plus tard, avec plusieurs dizaines de foyers privés d’accès à Internet dès l’automne.

L’origine du problème se précise au fil des investigations. Lors de travaux réalisés en juin 2024, un commissaire de justice décrit des fourreaux endommagés et des gaines boursouflées ou craquelées. L’expertise menée ensuite fait apparaître des dégâts plus lourds encore, avec un sarcophage en béton détruit, des fourreaux en PVC fondus et des températures dépassant 50 °C dans certaines chambres techniques.

Les mêmes désordres sont toujours constatés en janvier 2026. Selon les éléments présentés par Orange devant le tribunal des activités économiques de Nanterre, plusieurs centaines d’usagers ont été privés depuis octobre 2023 de tout ou partie de leurs services Internet et de téléphonie fixe.

Réparer le réseau suppose désormais de contourner les zones abîmées

Dans certains secteurs, la détérioration des ouvrages souterrains est telle qu’une intervention directe est devenue difficile, voire trop dangereuse. Orange explique devoir recourir à des travaux lourds, notamment du forage dirigé, afin de recréer des passages sans rouvrir complètement les zones endommagées.

Le réseau de chaleur fait déjà l’objet d’une expertise judiciaire ouverte en 2023. À cette époque, son exploitant avait signalé 27 points présentant des dégagements de vapeur ou des températures anormalement élevées. De nouveaux désordres ont ensuite été ajoutés au dossier.

Cette expertise doit permettre de déterminer l’origine exacte des fuites, d’identifier les responsabilités entre les différents intervenants et d’évaluer le coût des réparations. Orange a demandé en juin 2026 à rejoindre officiellement la procédure, ce que le tribunal a accepté le 6 août en considérant que les dommages constatés sur son réseau étaient bien liés aux fuites déjà examinées.

Quand le problème ne vient pas du réseau télécom

Ce qui rend l’affaire inhabituelle, c’est précisément que la panne ne naît ni d’un incident logiciel ni d’un câble arraché. Elle vient d’un réseau voisin, dont la chaleur s’est propagée assez loin pour détériorer physiquement les infrastructures d’Orange.

Le dossier reste désormais entre les mains des experts et du tribunal, qui doivent encore répartir les responsabilités et chiffrer les travaux. Du côté d’Orange, le constat est déjà plus simple : tant que certaines zones resteront trop chaudes ou trop dégradées, réparer supposera parfois de passer ailleurs.