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Fuites de données personnelles : la France mieux informée, mais de moins en moins rassurée

Ce visuel a été créé grâce à l'IA.

45% des Français ont appris cette année que leurs données personnelles avaient fuité. Un an plus tôt, ils n’étaient que 30%. Le 3ème baromètre Ipsos Digital pour Cybermalveillance.gouv.fr, dévoilé pour le lancement du Cybermois 2026, raconte une France qui sait de mieux en mieux nommer les menaces, mais qui doute de plus en plus de sa capacité à s’en protéger.

Sans surprise : une progression des fuites qui ne faiblit pas

45% des Français déclarent avoir été informés d’une fuite de leurs données personnelles au cours des douze derniers mois, contre 30% un an plus tôt. Quinze points de plus qui traduisent l’installation durable des violations de données dans le paysage cyber français, aux côtés de l’hameçonnage, toujours en tête des malveillances rencontrées avec 53% des répondants concernés.

Mais les réflexes de protection sont là : 59% des personnes informées d’une fuite disent avoir renforcé leur vigilance vis-à-vis des mails, SMS et appels inconnus, 53% ont changé leurs mots de passe et 44% ont accru la surveillance de leurs comptes bancaires. Des pratiques qui restent toutefois loin d’être généralisées, et qui contrastent avec la passivité observée face à d’autres formes de malveillance : 61% des personnes confrontées à un mail ou SMS frauduleux déclarent n’avoir rien fait de particulier, tout comme 43% des victimes de faux conseiller bancaire.

Le sentiment d’être bien informé recule malgré une meilleure connaissance des menaces

C’est le paradoxe central de ce baromètre : alors que la notoriété des termes techniques progresse d’année en année, avec 79% des sondés capables d’identifier le piratage (contre 72% en 2024) et 75% l’usurpation d’identité, le sentiment d’être suffisamment informé s’effrite. Seuls 55% des répondants s’estiment aujourd’hui bien informés sur les risques liés à internet, contre 63% en 2024. La part de ceux qui ne savent pas s’ils le sont suffisamment est passée de 4% à 19% en deux ans, signe d’une confusion croissante face à la multiplication des menaces.

Internet reste, évidemment, la première source d’information citée par les Français pour se renseigner sur les cybermenaces, à 46%, devant les services publics officiels, cités par 40% des répondants. L’entourage (36%) et la télévision (35%) complètent ce panorama de sources jugées fiables.

Jeunes et seniors : deux rapports opposés à la menace ? 

Sur le papier, les seniors ont tout pour être les plus vulnérables. Mais dans les résultats du baromètre, ce sont eux qui réagissent le mieux : 68 % des 55-75 ans se disent devenus plus vigilants face aux sollicitations suspectes après une fuite de données, contre 57 % chez les 18-34 ans, et 55 % ont renforcé la surveillance de leur compte bancaire, contre 40 % chez les plus jeunes.

Se dire plus vigilant est une chose, mais il faudra toujours redoubler de vigilance au moment où un mail bien ficelé arrive dans la boîte.