Consommation d’électricité et d’eau, recours aux énergies propres, chaleur réutilisée, souplesse vis-à-vis du réseau… Bruxelles veut donner une note commune aux data centers européens. Cette photographie doit aussi servir à préparer l’étape suivante. La Commission travaille désormais sur des seuils minimaux de performance, avec une proposition législative attendue en 2027.
Comparer enfin des data centers sur la même base
Depuis 2024, les exploitants européens de data centers de plus de 500 kW doivent déjà transmettre à Bruxelles une série d’indicateurs sur leurs consommations et leur fonctionnement. La Commission veut maintenant transformer ces données en quelque chose de beaucoup plus lisible. Le nouveau système européen de notation présenté le 21 septembre doit permettre de comparer les installations d’une même région selon plusieurs critères : efficacité énergétique, consommation d’eau, utilisation d’énergies propres, récupération de la chaleur produite ou encore capacité à adapter leur consommation aux besoins du réseau. Un label électronique sera généré à partir des informations déjà déclarées par les opérateurs. Les premiers doivent apparaître en 2027.
Aujourd’hui, deux centres de données peuvent afficher des profils environnementaux très différents sans qu’il soit facile de les placer côte à côte. Bruxelles veut mettre les chiffres sur la même échelle.
Derrière la note, des seuils minimaux se préparent
Le label n’est pourtant que la première étape. Le même 21 septembre, la Commission a ouvert une consultation publique de douze semaines sur de futurs standards minimaux de performance. Elle se terminera le 14 décembre. Aucun seuil n’est encore fixé. Le travail doit justement déterminer quels critères pourraient être retenus, à quel niveau et avec quelles conséquences pour les exploitants. Une proposition législative est prévue pour le deuxième trimestre 2027.
La Commission ne cache pas son ambition, à savoir réduire l’empreinte des installations les moins performantes et pousser le secteur vers des technologies plus efficaces. Son propre paquet consacré à l’efficacité énergétique évoque d’ailleurs la possibilité de sortir progressivement les technologies les moins efficaces. La note donnera donc d’abord une mesure. Elle pourrait ensuite devenir l’un des outils utilisés pour déterminer ce qui reste acceptable.
Tripler les capacités sans laisser exploser la consommation
Bruxelles avance avec une contradiction qu’elle assume. L’Union européenne veut tripler sa capacité de data centers d’ici 2035, notamment pour accueillir davantage de cloud et de calcul lié à l’intelligence artificielle. Dans le même temps, la consommation électrique mondiale de ces infrastructures devrait passer d’environ 415 TWh aujourd’hui à 945 TWh en 2030, principalement sous l’effet du calcul accéléré utilisé pour l’IA. L’eau nécessaire au refroidissement et la pression exercée sur les réseaux électriques entrent désormais dans la même équation.
La Commission ne cherche donc pas à freiner la construction de data centers. Elle veut savoir lesquels consomment quoi, pouvoir les comparer, puis poser une limite là où elle juge les performances insuffisantes. Le label arrivera en premier. La barre minimale, elle, reste encore à dessiner.








