Le groupe Onepoint annonce l’intégration de 600 nouveaux talents IA native d’ici la fin de l’année, à contre-courant d’un secteur qui réduit ses effectifs sous l’effet de l’automatisation. Une annonce qui prend tout son sens à la lumière d’une étude de Semarchy du mois de mars, où le manque de talents qualifiés est présenté comme le premier frein aux projets d’IA en France. On fait le point.
600 recrutements
Le secteur du conseil traverse une période de transformation profonde sous l’effet de l’IA, qui automatise une partie des tâches historiquement confiées aux profils juniors et pousse nombre de cabinets à réduire leurs effectifs. OnepOint prend le contre-pied de cette tendance en annonçant l’intégration de 600 nouveaux talents ” IA native ” d’ici la fin de l’année, dont 350 dans les métiers de la data et de l’IA.
Cette campagne, déployée sous la signature “Nos agents IA ont la puissance. Vous avez le talent”, met en scène des collaborateurs du groupe aux côtés d’agents IA, figurés sous forme de créatures associées à un domaine d’expertise, que ce soit la donnée, le code ou l’analyse.
Un décalage entre ambition et fondations
Les chiffres publiés par Semarchy en mars dernier, issus d’une enquête menée par Censuswide auprès de 1 000 cadres dirigeants au Royaume-Uni, aux États-Unis et en France, posent les bases : le manque de talents qualifiés arrive en tête des obstacles aux projets d’intelligence artificielle, cité par 34 % des dirigeants, à égalité avec les préoccupations budgétaires. La réglementation et l’éthique suivent de près avec 30% des réponses.
Ce frein humain intervient alors que les investissements ne faiblissent pas. 82% des entreprises françaises prévoient de consacrer plus de 10% de leur budget technologique à des initiatives d’IA durant l’année 2026, avec l’IA agentique opérationnelle et les DataOps comme priorités affichées. Mais seulement 45% des entreprises françaises s’estiment complètement prêtes à absorber cette accélération, 64% des dirigeants mettent en œuvre leurs initiatives d’IA sans disposer de fondations solides en gestion des données de référence.
Une pénurie qui est organisationnelle
En France, seulement 11% des chief data officers et 23% des chief information officers sont considérés comme jouant un rôle principal dans la stratégie IA de leur organisation, alors même aque la gestion des données constitue le premier obstacle.
” Lorsque les architectes de votre infrastructure de données sont écartés de la stratégie, les lacunes d’exécution sont inévitables “
Craig Gravina, CTO chez Semarchy.
L’optimisme n’a pourtant pas reculé. La confiance des dirigeants français dans l’atteinte de leurs objectifs IA est passée de 45% en 2025 à 87% cette année.





