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Nvidia-Groq : le DOJ examine si l’accord à 17 milliards de dollars a contourné le contrôle antitrust

Nvidia n’a pas racheté Groq. Il a obtenu une licence sur sa technologie, recruté son fondateur et plusieurs de ses dirigeants, puis intégré ses accélérateurs à sa propre plateforme. Le ministère américain de la Justice cherche désormais à savoir si cet accord, estimé à 17 milliards de dollars, a été structuré pour échapper au contrôle habituellement réservé aux acquisitions.

Une licence, des dirigeants qui partent, mais pas de rachat

Sur le papier, l’opération annoncée le 24 décembre 2025 est claire. Groq et Nvidia ont signé un accord de licence non exclusif portant sur la technologie d’inférence développée par Groq. La start-up devait rester indépendante et poursuivre l’exploitation de GroqCloud. Mais dans le même mouvement, son fondateur Jonathan Ross, son président Sunny Madra et plusieurs autres membres de l’équipe ont rejoint Nvidia pour travailler au déploiement de cette technologie.

Le montage a attiré rapidement l’attention des autorités américaines. Selon Reuters, qui cite le New York Times, le département de la Justice a adressé peu après l’annonce une demande formelle d’informations à Nvidia. L’enquête cherche notamment à déterminer si l’opération, évaluée à environ 17 milliards de dollars, a été conçue pour éviter l’examen antitrust auquel aurait été soumis un rachat classique.

La technologie Groq est désormais au cœur d’une plateforme Nvidia

Huit mois plus tard, la frontière entre les deux entreprises est devenue plus inhabituelle encore. Nvidia commercialise désormais le Groq 3 LPX, un accélérateur issu de la technologie licenciée, intégré à sa plateforme Vera Rubin pour accélérer la génération de tokens lors des tâches d’inférence. Le produit est entré en production en août. Dans le même temps, Groq est devenu Nvidia Cloud Partner et prévoit lui-même de déployer Groq 3 LPX et Vera Rubin dans son propre cloud.

Groq continue donc juridiquement d’exister comme société indépendante, tout en exploitant des produits Nvidia construits à partir d’une technologie qu’il lui a licenciée et après le départ d’une partie de son ancienne direction.

Le DOJ s’intéresse à une nouvelle manière d’absorber de la technologie

Cette structure est précisément ce que les autorités cherchent à qualifier. Les grands groupes technologiques ont multiplié ces dernières années les accords associant licences, recrutements massifs et investissements sans acquérir formellement les entreprises concernées.

Dans le cas de Groq, aucune violation n’a pour l’instant été établie. Nvidia défend auprès de Reuters un accord illustrant selon lui le fonctionnement de l’écosystème américain d’innovation. Si le DOJ concluait à une infraction réglementaire, des sanctions financières seraient possibles, mais une remise en cause complète de l’opération serait peu probable selon les informations rapportées par l’agence.