L’Arcep veut obtenir directement auprès des fournisseurs d’IA générative les données nécessaires pour mesurer leur consommation de ressources. Une consultation publique doit désormais préciser le périmètre de cette future collecte annuelle, appelée à compléter l’enquête du régulateur sur l’impact environnemental du numérique.
L’Arcep a ouvert une consultation publique sur l’intégration des services d’intelligence artificielle générative à son enquête annuelle « Pour un numérique soutenable ». Les acteurs intéressés peuvent contribuer jusqu’au 30 septembre 2026 au projet de décision et aux questionnaires préparés par le régulateur.
Cette enquête, initialement centrée sur les opérateurs télécoms, a progressivement été étendue aux fabricants de terminaux, aux opérateurs de centres de données, aux équipementiers de réseaux mobiles et, depuis février 2026, aux fournisseurs de services cloud. L’Arcep souhaite désormais y inclure les entreprises qui développent ou proposent des services d’IA générative.
Des données encore largement inaccessibles
Le régulateur cherche à dépasser les estimations construites à partir d’études scientifiques, d’hypothèses techniques et de tests indépendants. Dans un rapport publié en mai, l’Arcep relevait que les informations communiquées par les fournisseurs restaient insuffisantes pour mesurer précisément les ressources mobilisées par leurs services.
Le projet de collecte doit notamment mieux documenter la consommation liée à l’inférence, c’est-à-dire à la génération des réponses après une requête. Son poids dépend du nombre d’utilisateurs, du volume de demandes, des modèles sollicités et des infrastructures employées. Ces éléments sont rarement publiés avec un niveau de détail permettant des comparaisons fiables.
L’Arcep veut aussi prendre en compte plusieurs dimensions environnementales. Outre l’électricité consommée, le questionnaire doit couvrir les émissions de gaz à effet de serre, l’utilisation d’eau pour le refroidissement et les équipements nécessaires au fonctionnement des services.
Un périmètre encore en discussion
La consultation doit déterminer quels fournisseurs seront concernés, quelles données devront être transmises et selon quelle méthode elles seront calculées. Ce travail est indispensable pour éviter que chaque entreprise utilise ses propres indicateurs ou définisse différemment les opérations prises en compte.
La localisation des centres de données, le mix électrique, les systèmes de refroidissement et le type d’accélérateurs utilisés peuvent modifier fortement les résultats. Deux services comparables pour l’utilisateur ne reposent pas nécessairement sur les mêmes modèles ni sur les mêmes ressources informatiques.
La collecte devra également distinguer les différentes étapes du cycle de vie des systèmes. Les besoins liés à l’entraînement ne répondent pas à la même logique que ceux générés par leur utilisation quotidienne. Une présentation trop agrégée masquerait ces écarts.
Le secret des affaires limitera la publication
Les entreprises pourront demander que certaines informations transmises restent confidentielles. L’Arcep leur demande toutefois de limiter ces passages et de fournir une version publiable de leurs contributions. Le régulateur pourra aussi considérer que certaines données ne relèvent pas du secret des affaires.
Cette distinction déterminera l’utilité publique de l’enquête. Des résultats sectoriels permettront de suivre l’évolution générale de l’empreinte de l’IA générative, mais pas nécessairement de comparer les fournisseurs ou leurs services. Le projet ne prévoit pour l’instant aucune obligation de réduction. Sa portée dépendra donc d’abord de la précision des données collectées et de la part que l’Arcep pourra rendre publique.







