L’étude Healthcare ECI 2026 de Nutanix montre que les organisations de santé prévoient de multiplier les applications IA dans les prochaines années. Mais entre shadow IA, souveraineté des données et déploiement au chevet du patient, les infrastructures doivent évoluer pour éviter que l’innovation ne devienne un risque opérationnel.
Le secteur de la santé entre dans une phase plus concrète de l’adoption de l’intelligence artificielle. Les projets ne relèvent plus seulement de l’expérimentation : 55 % des organisations de santé prévoient de disposer de plus de cinq applications intégrant l’IA dans les trois prochaines années, et 12 % anticipent même d’en exploiter plus de dix. À horizon de trois ans, 57 % prévoient d’utiliser une IA agentique ou des agents autonomes.
Cette dynamique est confirmée par la nouvelle édition Healthcare du Enterprise Cloud Index de Nutanix. Réalisée auprès de dirigeants et responsables du cloud, de l’informatique et de l’ingénierie, l’étude décrit un secteur en transformation rapide, mais encore confronté à des limites d’infrastructure importantes.
L’un des signaux les plus préoccupants concerne le développement du shadow IA. 79 % des organisations de santé constatent que des applications ou agents d’IA sont mis en œuvre par des collaborateurs non issus des équipes informatiques. 83 % estiment que ces outils opérant en dehors des processus officiels de supervision créent un risque pour l’entreprise. La même proportion considère que les silos entre les métiers et l’IT compliquent l’exécution des initiatives technologiques.
Cette situation pose un enjeu de gouvernance immédiat. Dans la santé, les usages IA ne peuvent pas être dissociés des exigences de sécurité, de conformité et de continuité. Plus les agents IA et les applications automatisées se rapprochent des processus cliniques, plus les organisations doivent maîtriser leur déploiement, leurs accès, leurs données et leurs conditions d’exécution.
Les infrastructures deviennent alors un facteur décisif. 88 % des responsables informatiques du secteur estiment que leur environnement actuel n’est pas totalement prêt à prendre en charge les charges de travail d’IA sur site. Ce point est essentiel, car l’inférence IA au point de soins est de plus en plus nécessaire pour limiter les risques liés à la latence, notamment dans les environnements cliniques où les décisions doivent être rapides.
Les conteneurs apparaissent comme une réponse à cette complexité. 86 % des organisations de santé déclarent que l’IA accélère significativement leur adoption, 80 % développent déjà leurs nouvelles applications sous forme de conteneurs et 54 % exécutent des applications conteneurisées sur site ou dans des clouds privés. Cette approche permet de rapprocher les capacités IA des lieux où les données sont générées, sans compromettre la performance réseau ni déplacer inutilement des informations sensibles.
La souveraineté des données renforce cette tendance. 72 % des organisations de santé la jugent prioritaire ou indispensable dans leurs choix d’infrastructure, et 54 % estiment devoir exploiter leur infrastructure au sein d’un seul pays pour répondre aux attentes de leurs parties prenantes. Dans un secteur soumis à des exigences fortes autour des données médicales protégées, la localisation et le contrôle des environnements deviennent des conditions de confiance.
Pour Nutanix, ces résultats montrent que l’IA en santé ne pourra pas passer à l’échelle sans une refonte des architectures. Les établissements devront soutenir des charges de travail réparties entre systèmes sur site, clouds privés et services managés, tout en garantissant performance, conformité et gouvernance clinique. La prochaine étape ne consistera donc pas seulement à multiplier les cas d’usage, mais à construire une infrastructure capable de les porter durablement.





