Plus de 10 millions de dollars d’actifs ont été saisis dans cette affaire. Ancien négociateur spécialisé dans la réponse aux attaques par rançongiciel, Angelo Martino écope de 70 mois de prison ferme pour avoir vendu les informations confidentielles de ses clients au groupe BlackCat/ALPHV.
Employé par une société américaine de réponse aux incidents cyber, Angelo Martino, 41 ans, occupait un poste de confiance, chargé d’accompagner des entreprises victimes de rançongiciels dans leurs échanges avec les attaquants, selon le communiqué du ministère de la Justice américain. À partir d’avril 2023, il a détourné cette position en transmettant aux opérateurs du rançongiciel BlackCat la stratégie de cinq victimes qu’il était censé défendre, en échange d’une rémunération versée par les cybercriminels eux-mêmes. Le procureur fédéral Jason A. Reding Quiñones, du district sud de la Floride, a résumé la trahison en une phrase, selon le communiqué du ministère de la Justice américain : « Il avait été engagé pour aider les victimes en pleine crise » (traduit de l’anglais).
Deux autres professionnels de la cybersécurité impliqués dans le complot
L’affaire ne s’arrête pas à un détournement d’informations. Entre avril et novembre 2023, Martino s’est associé à deux anciens professionnels du secteur, Kevin Martin, qui l’avait rejoint comme collègue après le début du complot, et Ryan Goldberg, employé d’une société concurrente de réponse à incident, pour déployer activement le rançongiciel BlackCat contre de nouvelles victimes américaines. L’un des cas a permis au trio d’extorquer environ 1,2 million de dollars en bitcoins, une somme ensuite blanchie et répartie à parts égales entre les trois hommes. Martin et Goldberg ont été condamnés dès le 1er mai à 48 mois de prison par le juge K. Michael Moore, tandis que Martino a plaidé coupable le 14 avril pour extorsion.
Des saisies massives et une enquête inscrite dans une stratégie fédérale plus large
Les autorités ont saisi à ce jour 10 millions de dollars d’actifs appartenant à Martino, parmi lesquels des cryptomonnaies, des véhicules, un food truck et un bateau de pêche de luxe. Une audience destinée à fixer le montant des restitutions dues aux victimes est prévue le 17 septembre. Cette condamnation s’ajoute aux actions déjà menées par la justice américaine contre BlackCat, dont la mise à disposition en décembre 2023 d’un outil de déchiffrement par le FBI, qui avait permis à des centaines de victimes dans le monde d’éviter environ 99 millions de dollars de paiements de rançon, ainsi que la saisie de plusieurs sites opérés par le groupe. L’enquête, menée par l’antenne du FBI à Miami avec l’appui du Secret Service, s’inscrit dans le cadre de l’opération Riptide, campagne fédérale visant les acteurs et les flux financiers liés à la cybercriminalité, alors que les pertes rapportées par les victimes américaines ont dépassé 20 milliards de dollars l’an dernier, en hausse de 26 % sur un an.






