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Deepfakes sexuels : l’administrateur du site CFake condamné à deux ans de prison, dont un an ferme

Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son jugement le 7 juillet contre l’administrateur de CFake, plateforme qui hébergeait près de 300 000 deepfakes à caractère sexuel. Une peine en retrait par rapport aux réquisitions du parquet, pour un dossier construit en quelques semaines grâce à la coopération entre la justice française et le Department of Justice américain.

Informaticien niçois et jusque-là inconnu de la justice, a écopé de deux ans d’emprisonnement, dont un an ferme aménagé sous bracelet électronique et un an avec sursis, assortis d’une amende de 10 000 euros. Selon les informations de l’AFP, receuillies aupres de l’avocate de la défense Me Sarah Girand et par Me Matthieu Davy, avocat de deux parties civiles, cette sanction reste inférieure aux réquisitions de la procureure, qui avait demandé trois ans d’emprisonnement dont deux avec sursis. La 13e chambre correctionnelle a donc revu la sanction à la baisse pour l’homme qui administrait depuis 2007 l’un des sites de deepfakes sexuels les plus fréquentés visant des personnalités françaises.

Un site alimenté par les internautes, consulté par millions

En juin dernier, le parquet de Paris rappelait dans le communiqué annonçant l’arrestation que CFake proposait plus de 300 000 images et 7 000 vidéos, à raison d’environ 50 nouvelles publications quotidiennes. Les montages, pas tous générés par intelligence artificielle selon les déclarations de l’administrateur lors du procès, étaient envoyés par des internautes avant d’être mis en ligne sur le site. Le ministère américain de la Justice avait relevé que la navigation s’organisait notamment autour de mots-clés renvoyant à des thématiques de viol, de contrainte et de dégradation.

Le parquet de Paris précise que le site revendiquait 200 000 comptes utilisateurs et jusqu’à 4 millions de vues mensuelles, un chiffre également avancé par l’AFP. Treize personnalités s’étaient constituées parties civiles, parmi lesquelles Brigitte Macron, Christine Lagarde, Ségolène Royal, Audrey Tautou, Anne-Sophie Lapix et Karine Le Marchand, selon la liste communiquée par l’AFP. Au total, le parquet de Paris recense 14 000 victimes originaires de plusieurs pays. La plateforme générait des revenus via la publicité affichée sur ses pages : le parquet indique que la perquisition menée au domicile de l’administrateur a permis la saisie de 34,7 ethereum, soit l’équivalent de 48 521 euros, ainsi que de son matériel informatique.

Une procédure accélérée par la coopération franco-américaine

L’affaire a démarré par un signalement transmis le 5 mai 2026 par la Computer Crime & Intellectual Property Section du Department of Justice au parquet de Paris, qui a confié l’enquête à la section de recherches de la Gendarmerie nationale. L’homme a été interpellé le 10 juin, puis déféré le 12 juin, jour où les autorités américaines ont procédé à la saisie du site.

Cyrille B. était poursuivi pour deux infractions distinctes : l’administration d’une plateforme en ligne permettant des transactions illicites, délit créé par la loi du 24 janvier 2023 et passible de 7 ans d’emprisonnement et 500 000 euros d’amende, ainsi que la complicité de diffusion de deepfakes à caractère sexuel, incriminée par la loi du 21 mai 2024, punie de 2 ans et 60 000 euros d’amende, portée à 3 ans et 75 000 euros lorsque la diffusion passe par un moyen de communication en ligne. C’est ce second texte, l’un des plus récents de l’arsenal pénal français en matière de contenus générés par IA, qui a servi de fondement à la caractérisation des faits.