Après une fermeture définitive mi-mars, l’affaire YggTorrent connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Les cyberenquêteurs de l’antenne UNCyber de la section de recherches de Montpellier ont identifié et interpellé les personnes qui géraient la plateforme, mettant en cause douze personnes et saisissant crypto-actifs et matériel informatique.
Le feuilleton YggTorrent touche à son épilogue judiciaire. Après le hack massif début mars qui avait mis le tracker hors ligne, puis son retour éphémère annoncé dès le lendemain sous forme de compte à rebours, la fermeture définitive confirmée laisse désormais place au volet répressif de l’affaire. La gendarmerie nationale annonce à présent avoir identifié et interpellé les membres de l’organisation qui faisait tourner la plateforme depuis sa création en 2017. Un site qui avait rassemblé au fil des années une communauté dépassant les 10 millions d’inscrits
Une hiérarchie interne rémunérée par carte et cryptomonnaie
L’enquête, pilotée sous l’autorité de la juridiction inter-régionale spécialisée et de la Junalco de Paris, portait sur des faits de contrefaçon en bande organisée, de blanchiment aggravé et de gestion d’une plateforme facilitant des transactions illicites. Les investigations ont mis au jour un fonctionnement organisé en plusieurs strates : des administrateurs, des modérateurs et des équipes chargées du contrôle qualité, l’ensemble étant financé par la commercialisation de forfaits de données réglés en carte bancaire ou en cryptomonnaie. Ce modèle avait fait de YggTorrent l’un des sites de contrefaçon parmi les plus actifs en Europe.
Perquisitions nationales et saisies de crypto-actifs
Depuis fin 2023, l’enquête a conduit à l’interpellation de douze personnes, mises en cause pour des rôles allant de l’administration à la modération, en passant par le contrôle qualité et l’analyse, certaines ayant perçu une rémunération directe pour leur participation. Les perquisitions, conduites sur l’ensemble du pays avec le renfort d’autres antennes UNCyber et de groupements de gendarmerie départementaux, ont abouti à la saisie de crypto-actifs liés au financement du site, ainsi qu’à celle de matériel informatique évalué à 45 000 euros. Plus de 50 000 fichiers torrents ont été retrouvés sur ces équipements.




