À six mois de l’arrêt annoncé de la 2G en France hexagonale, l’Arcep constate une baisse plus rapide du nombre de cartes SIM encore utilisées dans des terminaux anciens. Mais le parc reste conséquent, notamment pour les usages machine-to-machine, où la migration vers la 4G ou la 5G suppose parfois de remplacer des équipements installés depuis des années.
Un parc en baisse, mais encore massif
La migration des terminaux encore dépendants de la 2G s’accélère, mais le compte n’y est pas encore. Dans la quatrième édition de son observatoire trimestriel consacré aux cartes SIM utilisées dans des terminaux compatibles uniquement avec la 2G ou avec la 2G et la 3G, l’Arcep recense encore 4,5 millions de cartes concernées à fin mars 2026 en France métropolitaine.
Au premier trimestre 2026, le nombre de cartes SIM concernées a diminué de 688 000 unités, contre 394 000 au trimestre précédent. Le mouvement est plus net sur les cartes utilisées dans des terminaux uniquement compatibles avec la 2G, dont le parc a reculé de 17,1 % sur le trimestre. Il reste toutefois environ deux millions de cartes SIM « 2G » à fin mars 2026.
Ce chiffre pèse d’autant plus que l’échéance se rapproche. Les opérateurs mobiles ont annoncé depuis 2022 leurs calendriers d’arrêt progressif des réseaux 2G et 3G, avec un basculement vers les réseaux 4G et 5G. L’Arcep suit désormais ce mouvement trimestre après trimestre afin de mesurer l’effet des actions menées auprès des clients et d’identifier les retards.
Les machines plus difficiles à migrer que les téléphones
Le sujet ne concerne pas seulement les anciens téléphones mobiles. Une part importante des usages encore attachés à la 2G relève du machine-to-machine. L’Arcep cite notamment les téléalarmes d’ascenseurs, les systèmes de télésurveillance et d’autres équipements qui utilisent encore ces réseaux pour transmettre des informations ou déclencher une alerte.
Remplacer un téléphone est une opération individuelle. Remplacer un parc d’équipements connectés suppose de vérifier les contrats, les modules radio, les cartes SIM, les procédures de maintenance, les dépendances avec des prestataires et parfois les contraintes réglementaires propres à certains dispositifs de sécurité.
Pour les entreprises, les collectivités ou les gestionnaires immobiliers, le risque n’est donc pas uniquement technique. Il est aussi organisationnel. Certains équipements ont été installés pour durer, parfois sans que leur dépendance à la 2G soit clairement documentée. L’arrêt du réseau oblige à rouvrir des inventaires qui n’ont pas toujours été maintenus avec précision.
Une bascule justifiée par les opérateurs
Les opérateurs présentent l’arrêt des anciennes générations mobiles comme une étape nécessaire. Les réseaux 2G et 3G occupent encore des ressources radio et techniques qui peuvent être réallouées à des technologies plus récentes. Les arguments avancés portent aussi sur la qualité de service, la sécurité et la consommation énergétique.
Cette logique industrielle ne supprime pas la difficulté de terrain. Plus un équipement est ancien, isolé ou peu visible dans le système d’information, plus il risque d’être oublié jusqu’au dernier moment. Les usages MtoM ont précisément cette particularité : ils fonctionnent souvent en arrière-plan, sans interaction quotidienne, jusqu’au jour où la connectivité devient indisponible.
La première vague d’arrêt a déjà commencé localement, notamment dans l’unité urbaine de Biarritz, Anglet et Bayonne pour le réseau 2G d’Orange. L’extinction généralisée doit ensuite progresser selon les calendriers annoncés par les opérateurs. Pour les parcs qui n’ont pas encore été audités, le délai restant devient court.






