Oubliez le javot, le marteau ou le disque. Dans la galaxie des sports de lancer, un nouveau venu s’est taillé une place bien à lui depuis quelques années : le lancer de serveur informatique. Pas métaphorique. Pas virtuel. Un vrai rack, en acier et en plastique, propulsé à la force des bras à travers un parking, transformé pour l’occasion en arène officielle.
Des caves de datacenter aux podiums
L’histoire du “server throwing” prend des allures de légende urbaine : la première compétition dans sa forme moderne a eu lieu en 2011, aux Pays-Bas, organisée dans la plus stricte discrétion par la Dutch Cloud Community. Les gagnants étaient rémunérés en bières. Depuis, le sport a mûri, se structurant progressivement jusqu’à atteindre une audience internationale.
C’est en mars 2024, lors du CloudFest en Allemagne, que la World Server Throwing Association (WSTA) a été officiellement créée, dotant la discipline d’une charte et de règles formalisées, mettant fin à ce que ses fondateurs qualifient eux-mêmes d’« âge sombre, sauvage et désorganisé » du lancer de serveur.
Les règles du jeu : simple, brutal, efficace
Chaque compétiteur dispose de deux tentatives. La meilleure distance est retenue. Des catégories hommes et femmes sont ouvertes à tous les niveaux. La seule exigence : vouloir lancer un serveur aussi loin que possible. Mais la technique compte autant que la force brute : le serveur doit planer pour optimiser sa portance aérodynamique, puis heurter le sol à un angle précis pour continuer à glisser. Des tournois se sont joués à quelques centimètres près.
Les résultats 2025 : des records qui en disent long sur la fibre cloud
Lors de l’édition de mars 2025, organisée sur le parking VIP de l’Europa-Park à Rust (Allemagne), les médailles d’or sont revenues à Alina Endrich avec un record de 10,15 mètres chez les femmes, et à Thom van Hal avec un impressionnant 13,18 mètres chez les hommes.
Le champion en titre Bartosz « The Beast » Wojciak, vainqueur inaugural de 2024, avait à affronter cette année-là Dierk « The Machine » Zienicke, qualifié lors d’une épreuve espagnole avec des distances si longues que la WSTA avait dû agrandir le terrain de lancer.




