C’est le recap produit & innovation de la semaine. Dans ce format hebdomadaire, vous retrouverez les annonces clés côté produits et innovations. Chaque vendredi, la rédaction fait un tour d’horizon avec les nouvelles offres, les intégrations IA et les évolutions technologiques susceptibles d’impacter les stratégies IT et métiers.
Les grands mouvements de l’IA agentique
Amazon Web Services et OpenAI ont annoncé un partenariat élargi autour d’Amazon Bedrock, avec trois offres en accès limité disponibles à compter du 28 avril 2026. Concrètement, les modèles OpenAI rejoignent le catalogue Bedrock aux côtés d’Anthropic, Meta, Mistral et Cohere, avec les contrôles d’entreprise AWS déjà en place (IAM, PrivateLink, CloudTrail) et consolidation des dépenses dans les engagements cloud existants. L’offre ne s’arrête pas aux modèles : Amazon Bedrock Managed Agents, motorisé par OpenAI, automatise l’assemblage des composants d’infrastructure, mémoire persistante, gestion des identités, contrôle des permissions, jusqu’ici à la charge des équipes, chaque agent journalisant ses actions et s’exécutant dans l’environnement du client.
AWS décline Amazon Connect en quatre solutions d’IA agentique sectorielles : Decisions (supply chain), Talent (recrutement), Customer AI (relation client) et Health (santé). Connect Decisions s’appuie sur plus de 25 outils et des modèles comme SCOT et Chronos2 pour réduire la résolution des perturbations de plusieurs semaines à quelques minutes. De son côté, Amazon Quick évolue avec une application desktop, la création d’applications en langage naturel et des intégrations à Google Workspace, Microsoft 365, Zoom et Salesforce, sans compte AWS.
Chez Salesforce et Google Cloud, le sujet de la semaine est la convergence des écosystèmes autour des agents. Les deux entreprises ont renforcé leur partenariat pour permettre à des agents IA d’exécuter des processus de bout en bout sur leurs deux plateformes, en réponse à la fragmentation des données et à la prolifération des systèmes déconnectés. Les intégrations couvrent des cas d’usage très concrets : Agentforce Sales peut désormais gérer le pipeline, préparer des briefs de réunion et mettre à jour le CRM sans quitter Gemini Enterprise, tandis que Gemini Enterprise est accessible directement dans Slack pour exploiter des connecteurs et informations issues de multiples applications. Sur l’architecture de données, Agentforce pourra lire nativement les données issues de Google Lakehouse sans copie ni déplacement grâce à la technologie Zero Copy, déjà utilisée par des centaines de clients via Salesforce Data 360 et Google BigQuery. Srini Tallapragada, Président et Chief Engineering Officer chez Salesforce, formule l’ambition : « Notre partenariat renforcé avec Google Cloud apporte exactement cela à nos clients communs, afin qu’ils puissent déployer Agentforce dans chaque département et accélérer leur transformation vers l’Enterprise Agentique ».
GitLab a pour sa part approfondi son intégration avec les modèles Claude d’Anthropic. Les agents IA du GitLab Duo Agent Platform peuvent désormais appeler les derniers modèles Claude, dont le tout nouveau Claude Opus 4.7, via Google Cloud et AWS Bedrock, chaque action étant gouvernée par le cadre de conformité, d’audit et de politique existant de GitLab, sans couche de gouvernance supplémentaire. GitLab a également rejoint le Claude Marketplace, permettant aux entreprises d’appliquer leurs engagements de dépenses Anthropic existants à l’IA agentique sur l’ensemble du cycle de développement logiciel. Manav Khurana, Chief Product and Marketing Officer chez GitLab, résume (citation traduite de l’anglais) : « Les entreprises qui réussissent à l’ère de l’IA sont celles qui peuvent donner à leurs équipes d’ingénierie des capacités IA puissantes sans compromis — chaque action d’agent est entièrement auditée, les politiques sont appliquées, et les équipes sécurité gardent le contrôle ».
Infrastructures IA souveraines : SUSE et S3NS passent à l’échelle
SUSE a profité de son événement annuel SUSECON à Prague pour annoncer SUSE AI Factory avec NVIDIA. Construite sur SUSE AI et NVIDIA AI Enterprise, cette pile logicielle unifiée est conçue pour réduire l’écart entre développement local et mise en production à l’échelle, en fonctionnant comme une usine logicielle prête à l’emploi de l’Edge opérationnel aux datacenters on premise et au cloud public. La plateforme s’appuie notamment sur les microservices NVIDIA NIM, les modèles ouverts Nemotron, NVIDIA NeMo pour concevoir et orchestrer des agents, NVIDIA Run:ai pour l’orchestration des ressources GPU, ainsi que NVIDIA OpenShell comme environnement d’exécution sécurisé pour agents. L’enjeu souveraineté est au cœur de la proposition : les organisations conservent un contrôle total sur leurs infrastructures, données et modèles, afin de répondre aux exigences réglementaires, notamment celles de l’EU AI Act, avec un point de responsabilité unique sur l’ensemble de la stack. Thomas Di Giacomo, CTO et Directeur produit chez SUSE, formule le paradoxe que la solution entend résoudre : « Les développeurs, les utilisateurs et les équipes exploitant l’IA sont face à une situation paradoxale : ils veulent innover rapidement, mais doivent sécuriser ces charges de travail et processus afin de garantir une auditabilité complète avant de les exécuter pleinement en production. »
En France, le partenariat entre SAP et S3NS marque une étape concrète pour le cloud souverain. La solution SAP RISE Private Cloud Edition sera déployée par SAP Sovereign Cloud sur l’offre cloud qualifiée SecNumCloud de S3NS, PREMI3NS, d’ici le second semestre 2026, avec des données hébergées, traitées et chiffrées en France, sous juridiction française. Thales, en tant que premier client, engage une transformation de l’ensemble de son ERP SAP en adoptant le principe de « clean core » pour unifier ses processus de finance, chaîne d’approvisionnement, production et achats sur PREMI3NS. La certification SecNumCloud 3.2 de S3NS, obtenue en décembre 2025, est l’une des plus exigeantes en Europe et garantit une protection contre les lois extraterritoriales. Pascal Bouchiat, Directeur général adjoint et Directeur financier de Thales, souligne : « L’intégration de SAP dans une plateforme telle que PREMI3NS s’inscrit naturellement dans notre trajectoire de transformation, en apportant le niveau de sécurité, de résilience et de conformité attendu par le Groupe. »
Cybersécurité : gouverner les agents avant qu’ils n’agissent
Norton franchit un cap en devenant la première marque de cybersécurité grand public à lancer une protection dédiée aux agents IA, avec le lancement en version bêta de « Protection des agents IA » au sein de Norton 360. Le mécanisme repose sur une supervision en temps réel de chaque action effectuée par un agent, créant un point de contrôle entre la décision et son exécution : les actions sûres sont exécutées sans interruption, les menaces confirmées sont automatiquement bloquées, et les actions suspectes sont mises en pause pour validation par l’utilisateur. La fonctionnalité est compatible avec Claude Code, Cursor et OpenClaw, disponible sous Windows pour les abonnés Norton 360, avec une extension Mac annoncée prochainement. Travis Witteveen, Head of Products and Portfolios chez Gen, met le doigt sur l’angle mort que la solution comble : « Jusqu’à présent, il n’existait aucun moyen de vérifier ce que ces agents s’apprêtaient à faire, ni les dommages potentiels qu’ils pourraient causer à la suite d’une mauvaise décision ou d’un simple clic. »
Rubrik pousse la même logique côté entreprise avec le lancement de Rubrik Agent Cloud pour la plateforme Gemini Enterprise Agent, offrant une couche de gouvernance sémantique et de résilience opérationnelle alimentée par son moteur SAGE — Semantic AI Governance Engine. La capacité différenciante est la solution Agent Rewind : une annulation instantanée et précise d’une action destructrice effectuée par un agent autonome. Un inventaire des agents permet également la découverte automatique des agents exécutés sur le runtime de la plateforme, avec une visibilité à 360° sur les risques, les autorisations d’accès et les violations de politiques. Devvret Rishi, directeur général IA chez Rubrik, cadre l’enjeu : « Les entreprises veulent la rapidité des technologies d’IA de Google Cloud, mais exigent également la sécurité de la cyber-résilience de Rubrik. Rubrik Agent Cloud fournit les garde-fous en temps réel dont les organisations ont besoin pour accélérer la mise en production des agents d’IA, sans risquer de compromettre la sécurité ou l’intégrité de l’entreprise. »
Du côté des MSP et des équipes sécurité, ManageEngine a annoncé l’intégration de Log360 à Bitdefender GravityZone. Log360 enrichit les capacités de détection de GravityZone d’informations sur l’activité des utilisateurs, les schémas d’authentification et le contexte réseau, transformant les alertes sur les terminaux en rapports d’attaque complets. L’enjeu de rétention est notable : les journaux Bitdefender sont conservés et structurés dans la solution SIEM pour des analyses à long terme, des rapports d’audit et des investigations forensiques bien au-delà des limites de rétention par défaut des solutions EDR. L’annonce a été faite lors du ManageEngine MSP Summit France, un événement réunissant des techniciens MSP venus de toute l’Union européenne. Subhalakshmi Ganapathy, responsable de la promotion de la sécurité chez ManageEngine, résume l’apport : « Le défi pour les équipes de sécurité n’est pas de pouvoir détecter les menaces, mais d’être en mesure d’interpréter les signaux isolés. »
Zoom, enfin, s’attaque au problème de l’identité dans les réunions vidéo avec une intégration de World ID Deep Face dans Zoom Meetings, permettant de vérifier en temps réel que les participants sont bien des personnes réelles. La solution repose sur une triple vérification combinant l’image signée capturée lors de l’enregistrement via un Orb, une analyse faciale en temps réel depuis l’appareil du participant, et le flux vidéo visible par les autres participants — un badge « Verified Human » apparaissant uniquement lorsque les trois correspondent. Les hôtes peuvent activer une Deep Face Waiting Room pour exiger la vérification avant toute admission, ou déclencher une vérification à la demande en cours d’appel, sans qu’aucune donnée personnelle ne soit partagée avec Zoom ou les autres participants. Brendan Ittelson, Chief Ecosystem Officer chez Zoom, situe l’enjeu : « Cette collaboration élargit les options offertes à nos clients en apportant à l’écosystème Zoom des capacités innovantes qui renforcent la sécurité, afin de les aider à aborder avec confiance la prochaine ère des communications pilotées par l’IA ».




