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Télécoms : Bouygues, Iliad et Orange montent à 20 milliards d’euros pour SFR

Bouygues, Iliad et Orange revoient à la hausse leur proposition de rachat de SFR. Derrière ce projet industriel majeur, c’est toute la question du modèle économique des télécoms en Europe qui se joue, entre besoin d’investissement et contraintes réglementaires.

Une opération structurante pour le marché français

Le paysage des télécommunications françaises pourrait basculer. Selon Reuters, le trio formé par Bouygues, Iliad-Free et Orange a relevé son offre pour SFR à 20,35 milliards d’euros. Si elle aboutit, cette opération ferait passer le nombre d’opérateurs mobiles en France de quatre à trois, lit-on chez Reuters.

L’enjeu dépasse largement le seul périmètre hexagonal. Les opérateurs européens plaident depuis plusieurs années pour une consolidation du marché, estimant que la fragmentation actuelle freine leur capacité d’investissement, notamment dans les infrastructures réseau.

Une négociation sous contraintes juridiques et financières

L’offre révisée intervient après plusieurs semaines d’ajustements entre les parties. Le consortium a notamment identifié des risques juridiques sur certains actifs et négocié avec Altice France des mécanismes de protection associés.

La structure envisagée répartirait les actifs de SFR entre les trois opérateurs : 42 % pour Bouygues Telecom, 31 % pour Iliad et 27 % pour Orange. Certains périmètres, comme les infrastructures fibre ou les activités à l’international, sont exclus du deal.

Sur le plan financier, Orange prévoit de financer sa part par de la dette, sans dégrader son bilan. Mais les marchés restent prudents : les titres Bouygues et Orange ont reculé après l’annonce, dans un contexte où JPMorgan évoque un possible risque de surpaiement.

Un test grandeur nature pour les régulateurs européens

C’est désormais sur le terrain réglementaire que se joue l’avenir de l’opération. Le projet devra passer par plusieurs étapes : consultation des instances représentatives du personnel, puis examen par les autorités de la concurrence françaises et européennes.

Chaque opérateur impliqué fera l’objet d’une analyse distincte, tandis que European Commission n’a pas encore été officiellement saisie. Le ministère français de l’Économie a d’ores et déjà annoncé une vigilance accrue, notamment sur l’emploi, les prix pour les consommateurs et la poursuite des investissements réseaux.

Au-delà du cas français, les analystes d’Intermonte soulignent que l’absence de cession d’actifs, compensée par des remèdes comportementaux comme l’accès de gros, pourrait créer un précédent en Europe. Italie, Espagne ou Allemagne pourraient alors s’inscrire dans cette dynamique.