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Facturation électronique : un benchmark pour trancher dans la jungle des plateformes agréées

À quelques mois de l’échéance de septembre 2026, The Invoicing Hub publie la troisième édition de son benchmark des plateformes agréées. Un outil devenu central pour comparer des offres encore mouvantes, à partir de données déclaratives structurées et enrichies de nouveaux critères techniques.

Une photographie d’un marché encore en recomposition

Comparer plus de 140 plateformes agréées n’allait pas de soi. C’est précisément ce vide que The Invoicing Hub a cherché à combler avec son benchmark, lancé en 2025 et désormais décliné en une troisième édition.

« On n’avait pas loin d’une centaine de plateformes agréées. Il y en avait 80 et quelques à l’époque. Et c’est étonnant, on n’avait aucun outil pour les comparer », explique Thibault Samson.

Le principe reste inchangé : un questionnaire adressé à l’ensemble des plateformes recensées par la DGFIP, avec plus de 70 questions couvrant leurs capacités fonctionnelles, techniques et tarifaires. Une méthodologie assumée, basée sur le déclaratif. « C’est un questionnaire que j’envoie à l’intégralité des plateformes agréées », précise-t-il.

Le résultat n’est pas un outil en temps réel, mais une « photographie instantanée » du marché.

Des offres qui convergent, mais des écarts encore structurants

Au fil des éditions, une tendance se dessine : les offres s’homogénéisent. Reste que les différences demeurent, notamment sur des dimensions clés comme l’interopérabilité avec les systèmes existants, la couverture du e-reporting ou les modèles de tarification.

Le benchmark repose sur une logique de transparence, mais pas sans garde-fous. « Ce n’est pas la porte ouverte à tous les abus non plus », insiste-t-il. Certaines réponses font l’objet de vérifications de cohérence, voire de demandes de justification lorsque des déclarations semblent irréalistes.

« Quand j’ai une solution qu’on ne connaît ni d’elle ni d’Adam sur le marché qui dit : nous, on est capable de faire de la facturation électronique dans plus de 50 pays, là je dis : non, il y a quelque chose d’étonnant ».

Une trentaine n’ont pas répondu à cette troisième édition. « C’est très étonnant », note-t-il, pointant un manque de réactivité, y compris chez des acteurs peu visibles qui auraient pourtant intérêt à figurer dans ce type de comparatif.

Une édition 2026 plus technique, alignée sur la réforme

Cette troisième édition marque une montée en profondeur. Le benchmark intègre désormais des critères directement liés à la mise en œuvre opérationnelle de la réforme.

Parmi eux, la conformité à la norme XP Z12-013, publiée par l’AFNOR, qui standardise les API entre systèmes d’information et plateformes agréées. Un élément non obligatoire, mais différenciant dans les choix technologiques.

Autre évolution : la prise en compte des 44 cas d’usage définis par l’AFNOR, ainsi que la gestion des statuts facultatifs du cycle de vie des factures. Autant de paramètres qui traduisent une réalité plus fine des processus métiers.

L’outil s’ouvre également à des besoins plus transverses, comme l’accès multi-clients pour les cabinets comptables.

Téléchargé plusieurs milliers de fois, le benchmark s’impose progressivement comme un référentiel de fait. Une position que son créateur n’avait pas anticipée. « Je m’attendais à ce que ce soit peut-être l’État qui le fasse », reconnaît-il. Notons que ce benchmark est gratuit à la fois pour les plateformes et pour ceux qui souhaitent le consulter.

En attendant, l’initiative continue de structurer un marché où le choix d’une plateforme reste un engagement technique et organisationnel lourd, à l’approche d’une échéance qui, elle, ne bougera pas.