Trop chers, pas matures, peu interopérables : les solutions européennes restent freinées par des clichés persistants. Hexatrust les déconstruit point par point dans un livre blanc publié à l’occasion du Forum InCyber, avec des exemples concrets à l’appui.
De l’outil au cœur du système
Messagerie, partage documentaire, visioconférence. Rien de nouveau en apparence. Et pourtant, ces briques se sont déplacées, silencieusement, au centre des organisations. Elles concentrent désormais les flux, la connaissance, les échanges, et, de plus en plus, les décisions.
Ces outils ne sont plus des supports, mais des infrastructures critiques. Le livre blanc rappelle que leur usage massif, 87 % des entreprises européennes en utilisent au moins une, en fait des points de passage obligés, donc des points de vulnérabilité potentiels.
« Les outils collaboratifs ne sont pas de simples supports d’échange. Ils structurent notre façon de travailler et restent soumis aux juridictions de leurs pays d’origine », insiste Jean-Noël de Galzain. Derrière le choix d’une suite collaborative, c’est toute une architecture de dépendance qui se dessine : dépendance technologique, contractuelle, mais aussi juridique. Le livre blanc met en garde contre une illusion persistante, celle d’une technologie neutre. Elle ne l’est plus. Peut-être ne l’a-t-elle jamais été.
Les idées reçues qui verrouillent encore les décisions
Le document s’attaque frontalement à ce qu’il identifie comme les freins majeurs à l’adoption de solutions européennes. Sept idées reçues, bien installées, souvent répétées.
Pas d’alternative crédible. Trop cher. Pas interopérable. Inadapté aux usages. Rejet des équipes. Sécurité secondaire. Impact économique nul.
Hexatrust déconstruit méthodiquement ces arguments. À commencer par celui de l’innovation. L’écosystème européen existe, structuré autour d’acteurs capables de couvrir toute la chaîne de valeur, du stockage à la signature électronique. Une innovation moins visible, moins spectaculaire peut-être, mais orientée vers l’usage, la sécurité et la conformité.
Même logique sur le coût. Le prix affiché masque un autre calcul, celui de la dépendance. Coûts imprévisibles, verrouillage fournisseur, exposition réglementaire. Le livre blanc oppose à cette vision court-termiste une lecture en coût global, où la maîtrise reprend le dessus.
Quant à l’interopérabilité, elle change de nature. Là où certains écosystèmes imposent leurs règles, l’approche européenne s’appuie sur des standards ouverts, conçus pour durer, évoluer et éviter les impasses technologiques.
Des preuves sur le terrain
Hexatrust ne se contente pas de principes. Le livre blanc aligne des cas concrets, chiffrés, qui viennent bousculer les perceptions.
À La Courneuve, les coûts de messagerie ont été divisés par trois.
À la Métropole de Lyon, chaque utilisateur représente 240 euros d’économie annuelle.
À l’Assemblée nationale, des millions de documents et d’échanges sont protégés dans un environnement souverain.
Des résultats qui déplacent le débat. « Les dirigeants prennent conscience des bénéfices concrets de l’autonomie numérique : maîtrise des coûts, gouvernance des données, relations fournisseurs équilibrées et une gouvernance renforcée des données », observe Vincent Bouthors, le CEO de Jalios. Au-delà des gains financiers, c’est une autre logique qui se dessine : celle d’un système moins dépendant, plus lisible, plus pilotable.
Derrière les outils collaboratifs, il est question de souveraineté, mais aussi de continuité d’activité, de conformité, de résilience. Et, au fond, de capacité à décider. « Nous avons les talents et les technologies. Ce qu’il nous manque, c’est l’audace de faire confiance à notre propre écosystème », conclut Jean-Noël de Galzain, le président d’Hexatrust.








