L’Allemagne travaille à la mise en place d’une « D-Stack », une plateforme technologique souveraine destinée à ses administrations. Au cœur du projet, des choix assumés en faveur d’outils open source et d’alternatives aux solutions dominantes du marché.
Une stack technologique pour l’administration
Le gouvernement allemand avance sur un projet de « D-Stack », une plateforme technologique destinée à équiper l’ensemble des administrations publiques. Il souhaite par ce fait proposer une base commune pour le développement et le déploiement de services numériques, tout en renforçant la maîtrise des infrastructures et des outils utilisés. Porté par le ministère du Numérique et de la Modernisation de l’État, ce projet vise à structurer un socle technologique partagé, capable de s’adapter aux besoins des différents niveaux administratifs.
Des choix technologiques assumés
Au-delà de l’intention, le projet se distingue par des arbitrages véritablement concrets, bien loin des habituels et beaux discours. L’Allemagne privilégie ainsi GitLab plutôt que GitHub, Flux plutôt qu’Argo CD, ou encore Selenium plutôt que Cypress. Ces choix traduisent une volonté de limiter la dépendance à certains acteurs dominants, en s’appuyant davantage sur des solutions open source ou perçues comme plus maîtrisables. Il ne s’agit pas uniquement d’une question technique, mais d’une orientation stratégique.
Une réponse aux enjeux de souveraineté
Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur la souveraineté numérique en Europe. Face à la domination des grandes plateformes américaines dans les domaines du cloud, du développement logiciel ou des outils collaboratifs, plusieurs États cherchent à reprendre la main sur leurs infrastructures critiques. La D-Stack apparaît ainsi comme une tentative de passer d’un discours politique à une mise en œuvre opérationnelle, en définissant des standards technologiques concrets pour le secteur public.
Un modèle encore à éprouver
Reste à savoir si cette approche pourra s’imposer dans la durée. La diversité des besoins, la complexité des systèmes existants et les contraintes budgétaires pourraient freiner son adoption à grande échelle. Pour les DSI, ce type d’initiative pose également la question de la reproductibilité. Si la logique de souveraineté séduit, sa mise en œuvre concrète suppose des arbitrages techniques, humains et financiers qui ne sont pas toujours accessibles à toutes les organisations.








